Scandale ? Installé près de Rennes, ce fromager lance un camembert breton

PLEIN LES DOIGTS La France est le pays du fromage. « 20 Minutes » vous propose un tour de France odorant, coulant voire crémeux pour découvrir les spécialités fromagères de nos régions

Camille Allain

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Installé près de Rennes, ce fromager lance son camembert breton — 20 Minutes
  • La France est le pays du fromage. Elle en a tellement qu'on peine à savoir le nombre exact. Plus de 1.000 assurément, dont 45 appellations d'origine protégée.
  •  A 20 Minutes, on aime le fromage alors on est parti découvrir les fromages de nos onze éditions locales.
  • On poursuit notre tour de France par le « Nouvoit’membert », un improbable camembert fabriqué en Bretagne.

Les Normands sont en PLS depuis qu’ils ont lu le titre. C’est pourtant une histoire vraie que l’on s’apprête à vous raconter, dans le cadre de notre fromagère «Plein les doigts». Depuis quelques semaines, sur plusieurs marchés de Rennes et de ses alentours, un fromager vend la principale fierté des Normands (pas le Mont Saint-Michel, l’autre).

Installé à Nouvoitou, à quelques kilomètres de la capitale régionale, Antoine Rocul vient de mettre au point un véritable camembert breton. Pour ne pas déclarer la guerre au voisin normand, dont l’AOP est sérieusement protégée, le jeune fromager a décidé de l’appeler le « Nouvoit’membert » en référence au nom de la commune où il a grandi. C’est ici, dans les cuisines de l’ancienne cantine scolaire de cette tranquille commune de Rennes Métropole, que ce tout juste trentenaire a inventé sa propre recette.

Un éleveur bio fournit le lait

Ouverte depuis juillet 2019, sa toute jeune fromagerie a d’abord proposé des bûches de chèvre et des tommes de vache. Ancien chauffeur de bus, le garçon a tout appris sur YouTube et surtout en testant, en se trompant. Rapidement, le fromager a voulu retravailler les basiques et senti le besoin d’innover. « Je suis autodidacte dans ce métier donc j’aime me faire plaisir. J’avais envie de me lâcher, de voir si je pouvais faire mon propre camembert. D’abord parce que j’adore ça mais aussi parce que c’est un produit technique. Il m’a fallu plusieurs mois pour l’optimiser », explique le jeune Breton.

Pour coller au plus près de la tradition, Antoine Rocul collecte lui-même son lait chez des éleveurs des alentours. « Chaud, juste après la traite du matin ». Pour son camembert, il fait appel à un éleveur bio installé à Amanlis, qui ne travaille qu’avec la race normande, évidemment.

« Je n’ai pas envie de me bagarrer avec les Normands »

S’il n’est pas le premier à se lancer dans cette fabrication, un camembert breton a même été récemment primé à Lyon, le jeune fondateur du « Local à fromages » ne cherche pas à irriter le voisin. « Je n’ai pas envie de me bagarrer avec les Normands ou avec les gens qui gèrent l’appellation. Le camembert, c’est un sacro-saint. Je voulais m’en inspirer, pas le copier ».

A Nouvoitou, près de Rennes, un fromager a conçu un camembert capable de chanter l'hymne breton.
A Nouvoitou, près de Rennes, un fromager a conçu un camembert capable de chanter l'hymne breton. - C. Allain / 20 Minutes / Canva

Pour vérifier, 20 Minutes s’est porté volontaire pour le goûter. Soyons francs, le « Nouvoit’membert » a un très bon goût de camembert ! Fabriqué au lait cru et moulé à la louche, il a déjà tapé dans l’œil des clients et de quelques restaurateurs, qui n’hésitent plus à débourser 7 euros pour s’offrir un claquos bretonos. « C’est un des plus beaux projets que j’ai menés », admet Antoine Rocul. Et sans doute pas le dernier.