Marseille : Le chef deux étoiles Alexandre Mazzia régale avec son food-truck « Michel »

GASTRONOMIE Le chef doublement étoilé Alexandre Mazzia a enfin pu ouvrir son food-truck « Michel », en hommage à son grand-père, et depuis il ne désemplit pas

Adrien Max

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Alexandre Mazzia régale les Marseillais avec Michel, son food-truck — 20 Minutes
  • Alexandre Mazzia, chef deux étoiles au Guide Michelin, a ouvert son food-truck Michel, en hommage à son grand-père, à Marseille à la fin du mois d’octobre.
  • Ce camion est la continuité du restaurant, le chef y propose des produits d’exception, de saison et du territoire d’une manière un peu plus ludique et fun.
  • Depuis son ouverture, le food-truck ne désemplit pas, et permet à Alexandre Mazzia de garder du lien en cette période de confinement.

« Choisis bien ton métier car si tu l’aimes il te le rendra et jamais plus tu n’iras travailler. » Michel, le grand-père pêcheur sur l’île de Ré d’Alexandre Mazzia, ne parlait pas beaucoup. Mais ses phrases, presque des dictons, ont marqué le chef deux étoiles au Guide Michelin. Au point d’appeler son nouveau food-truck Michel, en hommage à ce grand-père totem. Un food-truck qui a enfin pu ouvrir fin octobre à l’angle des rues Paradis et Prado, dans le 8e arrondissement de Marseille, après quelques retournements de situations liés à l’attribution de l’emplacement par la mairie.

« Je ne me voyais pas trop faire de la brasserie, ça ne me parle pas trop. Je suis plus intéressé par la street food, donc le food truck s’y prêtait bien. Toutes les préparations sont faites le matin au restaurant. D’ailleurs le food truck se rapproche au maximum du restaurant AM, avec une continuité sur l’approvisionnement des produits chez des maraîchers en permaculture, des petits producteurs », cadre Alexandre Mazzia du haut de son mètre quatre-vingt-dix.

« La rigueur et la ferveur sont les mêmes »

Depuis la crise de Covid-19, il se creuse les méninges pour toujours rebondir. D’abord avec ces cagettes Mazz proposées pendant le confinement, composées à la fois de produits brut et de quelques recettes du chef, puis avec Michel maintenant. « Ça m’a vraiment touché de voir mes fournisseurs en galère. J’ai cherché une idée pour faire découvrir tous leurs produits que les gens n’ont pas l’habitude de travailler comme la criste-marine, le raisin mangue ou la morelle de babis en y apportant un côté ludique, sympa », détaille le chef.

Un côté sympa, certes, mais avec le savoir-faire d’un chef deux étoiles, élu chef de l’année 2019. « Cuisiner pour le restaurant, ou le food-truck, ça ne change rien. La passion, la rigueur et la ferveur sont les mêmes. C’est juste un exercice un peu différent, mon personnel y prend aussi beaucoup de plaisir. Le plus important, c’est de savoir rebondir », se réjouit Alexandre Mazzia.

« Garder du lien »

Résultat, une soupe de pain grillé aux oignons avec son comté millésimé de 36 mois, de la pélamide au saté accompagnée d’une semoule à la fleur d’oranger et aux épices et quelques herbes fraîches. Et pour finir, un fondant à la madeleine et au citron acidulé. Le tout, accompagné d’un thé à la menthe verveine servi tiède. Sans oublier le croq-mazz, un croque-monsieur au veau de lait, cornichon au balsamique blanc, houmous épicé et caviar d’aubergine fumé fabriqué à seulement 60 unités, pour 12 euros.

Un autre menu, ils changent tous les jours, proposé par Alexandre Mazzia dans son food-truck Michel.
Un autre menu, ils changent tous les jours, proposé par Alexandre Mazzia dans son food-truck Michel. - Adrien Max / 20 Minutes

« On sert jusqu’à 200 couverts chaque midi du mardi au samedi, se réjouit le chef. Il y a même des clients qui m’appellent pour réserver pour le lendemain ! Mais je préfère qu’ils viennent nous voir au camion que juste venir avec un bon et repartir. Ça permet de garder du lien, les petits vieux du quartier viennent me voir faire les préparations, c’est très cool. » Et les menus, composés de produits locaux et de saison que l’on n’a pas l’habitude de manger, changent tous les jours.

« L’occasion de découvrir sa cuisine »

Alicia travaille juste à côté. « J’adore la bonne bouffe, je n’ai encore jamais mangé dans son restaurant donc c’est l’occasion de découvrir sa cuisine. Et à un prix très abordable, que je ne pourrais peut-être pas me permettre au restaurant. C’est aussi l’occasion de soutenir les restaurateurs dans ce contexte particulier », explique la quarantenaire.

Camille, Carla et Angélique sont à l’école juste à côté. Elles connaissaient Alexandre Mazzia « de nom », mais n’avaient encore jamais eu l’occasion de goûter. « Ça nous permet de goûter un chef deux étoiles rapidement. On va manger un bon petit plat à prix abordable tout en goûtant des produits dont on n’a pas l’habitude », se réjouissent les trois étudiants en emportant leur petit sac, remplis de gourmandises, à la main.