Coronavirus à Lyon : La Cité de la gastronomie ferme en raison de la crise sanitaire et faute de succès

ECHEC La direction du site ouvert à l’automne 2019 au sein du Grand Hôtel-Dieu à Lyon a annoncé la fermeture définitive des lieux lundi

E.F. avec AFP

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La cité de la gastronomie de Lyon a ouvert le 19 octobre
La cité de la gastronomie de Lyon a ouvert le 19 octobre — C. Girardon / 20 Minutes
  • Dix-sept millions d’euros ont été investis pour l’ouverture de la Cité de la gastronomie, ensemble de 4.000 m2 dans l’écrin du Grand Hôtel-Dieu.
  • La Cité était bâtie autour d’un parcours permanent, ouvert au connaisseur comme au profane, et d’expositions temporaires.
  • L’entrée de ce lieu construit sur quatre niveaux coûtait 12 euros et il fallait s’acquitter du double pour participer aux dégustations proposées par les chefs. D’où de nombreuses critiques sur les tarifs pratiqués.

Un investissement de plus de 17 millions d’euros qui fait un bide. La Cité Internationale de la Gastronomiede Lyon, inaugurée en octobre 2019 et consacrée à l’art culinaire, ferme « définitivement » ses portes, victime de la crise sanitaire du coronavirus, a indiqué lundi sa direction. « Face à l’incertitude de l’évolution économique et touristique, et malgré tous nos efforts pour la sauvegarder, nous avons pris la décision de ne pas rouvrir la Cité et d’arrêter définitivement son exploitation », explique-t-elle dans un communiqué.

Vivement critiqué dès son ouverture pour son prix d’entrée et son manque de contenu, cet ensemble abrité sur 4.000 m2 dans l’écrin du Grand Hôtel-Dieu, dans l’hyper centre de la capitale de la gastronomie, était resté fermé après le déconfinement.

Dirigée par Florent Bonnetain et exploitée par le groupe espagnol MagmaCultura, la Cité « fait face à des difficultés précarisant son fonctionnement et la rendant particulièrement vulnérable à la crise soudaine et à ses répercussions ». Et, « comme de trop nombreux autres acteurs culturels en France et en Europe, la Cité a subi les lourds impacts engendrés par la crise sanitaire du coronavirus », souligne l’exploitant.

Des tarifs élevés

Portée par la ville et la métropole, avec 4 et 2 millions d’euros chacune, par l'Etat (1 million) et par le mécénat à hauteur de 10,4 millions, la Cité de la gastronomie adossée aux nouvelles Halles de Lyon espérait recevoir 300.000 visiteurs par an.

La Cité était bâtie autour d’un parcours permanent, ouvert au connaisseur comme au profane, et d’expositions temporaires. Elle présentait différentes façons de concevoir la gastronomie dans le monde ainsi qu’une plongée à la table des grands chefs emblématiques de Lyon et des expositions d’objets rares, comme le légendaire piano d’une tonne, de feu Paul Bocuse.

L’entrée de ce lieu construit sur quatre niveaux coûtait 12 euros et il fallait s’acquitter du double pour participer aux dégustations proposées par les chefs. « Nous sommes persuadés qu’un bel avenir se dessinera pour les espaces que nous quittons et que de nouvelles belles intentions se profileront pour faire de cette Cité un lieu incontournable du patrimoine gastronomique à Lyon, en France et à travers le monde », espère l’exploitant.