Coronavirus dans la Vienne : Les fonderies, productrices pour Renault, plombées par l'épidémie

SOCIAL La crise du Covid-19 et la chute du diesel ont plombé les commandes de « presque 75 % », ce qui « met en danger la viabilité de la fonderie »

20 Minutes avec AFP

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Vienne Liberty Alu Poitou et Liberty Fonderie Poitou développent et produisent des pièces en aluminium pour Renault.
Vienne Liberty Alu Poitou et Liberty Fonderie Poitou développent et produisent des pièces en aluminium pour Renault. — NOSSANT/SIPA

La situation est « préoccupante » chez les équipementiers automobiles de la Vienne​ Liberty Alu Poitou et Liberty Fonderie Poitou, qui ont comme unique client Renault, a alerté la CGT. Les deux sociétés d’Ingrandes-sur-Vienne ont été rachetées l’an dernier par le groupe britannique Liberty House, mais le syndicat accuse l’entreprise, qui fait partie du Gupta Family Group (GFG) de l’Indien Sanjeev Kumar Gupta, de ne pas avoir respecté ses engagements, notamment de diversification.

Au moment du rachat, un accord prévoyait incluait la garantie d’un volume de commandes de Renault, qui n’a pas été respecté, selon Jean-Philippe Juin, délégué syndical CGT pour Liberty Alu Poitou. « Aujourd’hui, on est suspendus aux aléas de Renault et on se demande si on ne va passer à la trappe », ajoute le délégué CGT.

Un rassemblement ce jeudi avant un CSE extraordinaire

Alors que  la crise du nouveau coronavirus a mis le groupe Renault en difficulté​, les deux entreprises tournent au ralenti. L’actionnaire britannique des équipementiers de la Vienne s’est cependant engagé ce mercredi à payer les salaires de juin des 600 employés. Jonathan Levy, porte-parole pour la France et le Benelux de Gupta Family Group (GFG), s’est toutefois montré pessimiste au sujet de l’avenir de Liberty Fonderie Poitou (316 salariés), qui produit des carters en fonte à destination du diesel, tandis qu’il a annoncé un plan de diversification pour Liberty Alu Poitou (285 salariés), qui fabrique des culasses.

La fonderie de fonte « a souffert de commandes toujours faibles de notre principal client qui est lui-même confronté à un marché très difficile », a souligné Jonathan Levy. Selon lui, la crise du Covid-19 et la chute du diesel ont plombé les commandes de « presque 75 % », sans visibilité aujourd’hui, ce qui « met en danger la viabilité de la fonderie ». « L’histoire est différente pour notre fonderie d’aluminium où nous avons l’intention de reprendre les activités le 8 juin », après la crise sanitaire, et où « de réelles opportunités existent toujours », a poursuivi le porte-parole. Et d’annoncer un projet de nouvelle culasse et, à plus long terme, « un plan de diversification de 13 millions d’euros soutenu par notre actionnaire ».

A l’issue d’un CSE (conseil économique et social) qui s’est tenu mercredi à Ingrandes-sur-Vienne, où les deux sites sont implantés côte à côte, Jean-Philippe Juin, délégué syndical CGT pour Liberty Alu Poitou, s’est inquiété du financement de ce plan. La CGT a appelé à un rassemblement demain, jeudi, avant la tenue le 10 juin d’un CSE extraordinaire.