Marseille : La fermeture du mythique écailler « Chez Toinou », un « choc » pour le centre-ville

RESTAURATION L’écailler Chez Toinou a fermé fin mars, à Marseille. La disparition de cette adresse emblématique, à la fois poissonnerie et restaurant, constitue un « coup dur » pour le centre-ville

Jean Saint-Marc

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Les rideaux de Chez Toinou sont définitivement baissés, cours Saint-Louis, à Marseille. Une décision antérieure à la pandémie de coronavirus.
Les rideaux de Chez Toinou sont définitivement baissés, cours Saint-Louis, à Marseille. Une décision antérieure à la pandémie de coronavirus. — R.R.
  • Laurent Carratu, propriétaire de Chez Toinou, a décidé de fermer son restaurant situé cours Saint-Louis, à Marseille.
  • Il cherche un nouvel emplacement et espère rouvrir d’ici deux ans.
  • Le départ de cette adresse historique émeut et attriste les autres restaurateurs du centre-ville.

Une devanture baissée peut déprimer les plus optimistes. Particulièrement quand on sait que la grille ne remontera pas après la fin du confinement. Laurent Carratu, fils de « Toinou » et actuel propriétaire du restaurant​ éponyme, a décidé au début de l’année de fermer son établissement historique du cours Saint-Louis. « Notre restaurant d’Aix-en-Provence reste ouvert et on assure des livraisons à Marseille », lance le restaurateur, qui ne veut plus communiquer sur les raisons qui l’ont poussé à plier boutique.

« Les deux dernières années ont été difficiles, confie un salarié, sous couvert d’anonymat. On a souvent dû fermer le samedi à cause des gilets jaunes et des manifestations contre la réforme des retraites… Et avec les travaux pour piétonniser la Canebière, c’est devenu très compliqué pour les clients de se garer dans le quartier. »

Semi-remorques de coquillages

Bernard Marty, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH 13), voit dans ce départ « un coup dur », la « fin d’une institution. » Elle est d’ailleurs plus vieille que lui : Toinou a ouvert ses premiers étals en 1956, près du Vieux-Port, avant de s’installer cours Saint-Louis en 1962. « Je me souviens des semi-remorques de coquillages qui arrivaient avant Noël… Tout Marseille achetait ses fruits de mer chez Toinou », se remémore Bernard Marty.

«C’était une institution marseillaise, qui a toujours fait venir du monde dans le centre-ville », embraye Mustapha Kachetel, patron du Femina et ami de la famille Carratu. « Ça fait mal au cœur de les voir partir mais je suis optimiste, lance-t-il. Toinou reviendra à Marseille ! »

Pas avant deux ans, nuance un salarié de l’antenne aixoise, au sein de laquelle les salariés marseillais se sont vus proposer un reclassement. Laurent Carratu cherche un grand terrain, avec un parking privé, pour son futur restaurant marseillais.

« C’était un marché devant chez nous »

En attendant, l’adresse semi-gastronomique La Mercerie perd un fournisseur de choix : les étals étaient à quelques mètres de sa terrasse. « Ils nous appelaient pour nous dire “j’ai des oursins, j’ai tel coquillage”, c’était un marché juste devant chez nous », soupire Laura Vidal, sommelière de cet établissement à la mode. Lors de l’ouverture de La Mercerie en 2018, « le manager de Toinou, Eric Arcos, a été un des premiers à nous accueillir », relate Laura Vidal, qui a été très touchée par son décès en octobre dernier. « La mort de Néné a été une tragédie, l’arrêt du restaurant, c’est un nouveau choc, conclut-elle. Ça va être très triste de rouvrir sans eux à nos côtés. »