Lyon : La famille Bocuse « bouleversée » par la perte de la troisième étoile au Michelin

POLEMIQUE L’Auberge du chef Paul Bocuse, située à Collonges-au-Mont-d’Or (Rhône) sait depuis jeudi soir qu’elle va perdre sa troisième étoile au Michelin. Une décision qui a secoué le monde de la gastronomie ce vendredi

Jérémy Laugier

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Une fresque géante dédiée à Paul Bocuse se trouve sur le mur d'un immeuble du centre-ville de Lyon depuis 2015.
Une fresque géante dédiée à Paul Bocuse se trouve sur le mur d'un immeuble du centre-ville de Lyon depuis 2015. — MOURAD ALLILI/SIPA

Cette rétrogradation passe très mal dans le monde de la gastronomie française, et tout particulièrement dans la région lyonnaise. Quasiment deux ans jour pour jour après la disparition de Paul Bocuse, son Auberge a appris jeudi soir qu’elle allait perdre sa troisième étoile au Michelin, après 55 années de règne. Son restaurant vient de publier sa réaction via un communiqué ce vendredi.

Rappelant le lancement de « la tradition en mouvement » il y a trois mois, celui-ci ne cache pas son choc: «Bien que bouleversés par le jugement des inspecteurs, il y a une chose que nous souhaitons ne jamais perdre, c’est l’âme de Monsieur Paul. Paul Bocuse était un visionnaire, un homme libre, une force de la nature, et c’est dans cet esprit que nous avons construit la nouvelle expérience que nous orchestrons depuis le mois d’octobre. Depuis Collonges et du fond du cœur, nous continuerons à faire vivre le Feu Sacré avec audace, enthousiasme, excellence et une forme certaine de liberté.»

« Ils veulent effacer toute la génération Bocuse »

Les soutiens au restaurant de Paul Bocuse sont multiples ce vendredi, de Gérard Collomb à Jean-Michel Aulas en passant par Yann Cucherat. Interrogé par BFM TV, le chef Marc Veyrat, actuellement au cœur d’une bataille judiciaire contre le guide rouge, a ainsi dénoncé une décision « pathétique » : « C’est n’importe quoi. Ce sont des gens incompétents qui nous jugent, ils veulent effacer toute la génération Bocuse ».

Plus mesuré, le chef lyonnais Christian Têtedoie (une étoile) s’interroge dans Lyon Capitale : « Entre Bocuse et le Michelin, je me demande lequel des deux a vraiment perdu. L’avenir nous le dira. »