« Olio Nuovo Days »: L'huile d'olive japonaise confirme qu'elle est bien la meilleure

CONCOURS L’huile d’olive du Japonais Toyohiro Takao a de nouveau été récompensée lors d’une dégustation à l’aveugle, ce jeudi, dans le cadre des « Olio Nuovo Days », les journées de l'huile d'olive nouvelle

Stéphane Leblanc

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La meilleure huile d'olive de 2020 (à gauche) et la plus originale (à droite)
La meilleure huile d'olive de 2020 (à gauche) et la plus originale (à droite) — Stéphane Leblanc / 20 Minutes
  • Seize jurés comprenant des chefs, des spécialistes de l’huile d’olive, des journalistes, des dégustateurs ou de simples amateurs devait départager les 34 huiles d’exception sélectionnées dans le cadre des «Olio Nuovo Days».
  • La « meilleure » de ces huiles ne vient pas du bassin méditerraénéen, mais du Japon. La « plus originale » aussi.
  • L’olive au Japon fait l’objet d’une toute petite production, et sert aussi à nourrir le célèbre boeuf wagyu…

La meilleure huile d’olive de l’année qui commence ? La «Taggiasca» de Toyohiro Takao. Et la plus originale ? La «Lucca» du même Toyohiro Takao. Le producteur japonais de l’île de Shodoshima, au centre du Japon, possède 2.000 oliviers qui donnent 700 litres d’huile d’olive. Une goutte d’eau dans l’océan des huiles produites dans le monde chaque année…

Pour départager la meilleure de ces huiles toutes fraîches et pimpantes, les "Olio Nuovo Days", qui célèbrent depuis quatre ans en France l’arrivée de l’huile d’olive nouvelle en provenance des différents pays de l’hémisphère Nord, avaient convoqué, ce jeudi matin, un jury composé de spécialistes du monde entier et d’amateurs auquel 20 Minutes a pu participer.

Les notes d'un des jurés du prix des Olio Nuovo Days
Les notes d'un des jurés du prix des Olio Nuovo Days - S.LEBLANC / 20 MINUTES

Au cours d’une longue dégustation à l’aveugle, tout ce beau monde s’est accordé pour dire que la « R », avec sa grande délicatesse et ses notes de fruit rouge confit, méritait d’être élue meilleure huile d’olive de cette sélection. Et que la « pastille verte », dans un registre plus affirmé que la précédente, était la plus originale.

Toyohiro Takao n’est pas un inconnu

Simple hasard ou vrai convergence de talent ? C’est donc le même producteur japonais qui a reçu les deux prix. Toyohiro Takao n’est pas un inconnu puisque son huile avait déjà remporté le prix des Olio Nuovo Days, dans les mêmes conditions «à l'aveugle» en 2018 et s’était glissé sur la seconde marche du podium en 2019. Cette fois, c’est une huile slovène qui est arrivée en seconde position.

Cet engouement pour l’huile d’olive japonaise vient à l’origine d’un coup de cœur d’Emmanuelle Dechelette, la fondatrice et organisatrice des "Olio Nuovo Days". « J’ai rencontré le président de l’association des sommeliers d’huiles d’olive japonaise lors d’une foire à Madrid en 2017, explique à 20 Minutes celle qui court après les meilleures huiles d’olive toute l’année. Il avait apporté trois mini-bouteilles… J’ai rapporté le peu qui restait dans chacune d’elles pour que des chefs français y goûtent. Certains ont adoré… » Comme  Julien Dumas, le chef du Lucas Carton, qui s’en est aussitôt emparé.

« Une huile au plus près du goût de l’olive » pour Julien Dumas

« J’apprécie cette huile car elle est au plus près du goût de l’olive, confiait Julien Dumasen 2018 à 20 Minutes. L’huile de Toyo est une huile très précise, très nette et très délicate à la fois, et comme souvent chez les Japonais, très respectueuse du produit au naturel. » On peut toujours rêver de « la voir parfaitement sublimer un carpaccio de daurade », comme le conseille le chef…

Mais on peut aussi pester que cette production confidentielle soit encore quasiment introuvable en dehors du Japon, sauf lors d’événement tels que les Olio Nuovo Days. La bonne nouvelle, c’est qu’on évitera du coup de se ruiner en déboursant 300 euros pour un seul litre de ce très précieux nectar.

Un intérêt qui remonte à 1900

Et au moins, on n’aura pas perdu son temps en rappelant la légende qui veut que la France soit indirectement à l’origine de la passion des Japonais pour l’huile d’olive. « Ils auraient eu l’idée d’en produire après en avoir goûté une lors de l’exposition universelle de Paris en 1900 », raconte Emmanuelle Dechelette…

Après une première tentative avortée, la production d’huile d’olive n’a pris son essor que dans les années 1950. « Et là-bas, l’olive ne sert pas qu’à faire de l’huile, mais aussi à nourrir le bœuf wagyu ». C’est en effet le seul bœuf au monde nourri aux céréales enrichies au tourteau d'olives du Japon. La viande s’en trouve d’autant plus riche en acides gras mono-insaturés, acides oléiques et linoléiques, avec un ratio oméga 3/oméga 6 parmi les plus élevés du Japon, et donc du monde.