Lille : Des réfugiés recréent à Lille le restaurant qu'ils avaient en Syrie

GASTRONOMIE Deux cousins originaires d’Alep et réfugiés en France viennent d’ouvrir un restaurant de spécialité syriennes

Francois Launay

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Le 26 novembre 2019, le restaurant Syriana a été ouvert à Lille par deux cousins réfugiés d'Alep.
Le 26 novembre 2019, le restaurant Syriana a été ouvert à Lille par deux cousins réfugiés d'Alep. — Francois Launay / 20 Minutes
  • Omar et Wael Jalabi, deux réfugiés syriens, viennent d’ouvrir Syriana.
  • Ce restaurant de spécialités syriennes ressemble au resto que les deux cousins tenaient à Alep avant la guerre.

Sur la place Fernig, à deux pas du métro Porte de Douai, la façade ne passe pas inaperçue depuis le 11 octobre. C’est à cette date qu’Omar et Wael Jalabi, deux cousins syriens, ont lancé leur propre restaurant. Appelé Syriana​, l’établissement lillois propose différentes spécialités de ce pays du Moyen-Orient.

« C’est le seul restaurant syrien traditionnel du Nord. Il y a d’autres restos mais ce n’est que de la restauration rapide. Ici, tout est frais. On fait du houmous, falafel, chiche taouk, kebbé ou encore grillades. Ça ressemble beaucoup à la cuisine libanaise. Je suis très content car les Français aiment beaucoup notre nourriture », assure Omar.

Ils avaient le même restaurant en Syrie avant la guerre

Ce restaurant est aussi un moyen pour les deux cousins de revivre un peu leur vie d’avant. Avant que la guerre n'éclate en Syrie ​en 2011, les deux cousins géraient déjà un restaurant à Alep, l’une des plus grandes villes du pays. Réfugiés en France depuis quelques années, ils ont cherché une reconversion avant de faire ce qu’ils connaissaient le mieux : la restauration.

Du coup, leur adresse lilloise, qu'ils ont financé avec leurs économies, est la copie de leur resto de Syrie. Alep, Homs, Damas les photos affichées au mur rappellent le temps de l’insouciance et la nostalgie d’un pays désormais détruit. « La situation est toujours très compliquée huit ans après le début de la guerre. La Syrie me manque, mes amis surtout. Certains sont morts, d’autres sont éparpillés aux quatre coins du monde », lâche pudiquement Omar.

Une petite communauté syrienne s’est reformée

Alors à Syriana, qui a aussi son bar à chicha juste à côté du resto, les cousins ont reformé une petite communauté. Les trois cuisiniers sont tous des réfugiés syriens. Et les sept serveuses sont originaires de plusieurs pays du monde. Sans oublier les nombreux. Sans oublier les nombreuses familles syriennes installées dans la région depuis longtemps.

De quoi retrouver leur sourire après des années difficiles. « Je suis très reconnaissant envers la France. C’est mon nouveau pays que j’apprécie. Ici, j’apprécie beaucoup la liberté », confie Omar. Une liberté qui lui a permis de redémarrer une nouvelle vie.