Nice: Contre la malnutrition, les seniors mettent les restes dans les recettes

DANS L'ASSIETTE Entre un quart et un tiers des personnes âgées entrent dans les maisons de retraite en situation de dénutrition... 

Mathilde Frénois

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A Nice, les séniors réapprennent à cuisiner avec les aliments oubliés au frigo.
A Nice, les séniors réapprennent à cuisiner avec les aliments oubliés au frigo. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Le programme national Silver Fourchette donne des conseils de nutrition aux personnes âgées.
  • A cause de contraintes comme des régimes, le budget ou l’isolement, les seniors ont tendance à manger moins de viande et de féculents.
  • En plus de ces cours de cuisine avec les restes du frigo, le programme organise des concours entre chefs de maisons de retraite.

Hélène a ouvert le frigo. A l’intérieur, elle y a trouvé des noix de Saint-Jacques de tailles différentes, un quart de chou vert, une botte de poireaux, un champignon esseulé, un petit bout de gingembre et une pâte feuilletée. Presque tous les ingrédients pour réinventer une recette.

Aidées d’un chef lors de cet atelier organisé au palais Acropolis de Nice par le programme national Silver Fourchette, Hélène et une vingtaine d’autres personnes âgées ont appris à cuisiner les restes. Objectif : lutter contre la malnutrition.

« Donner des clefs »

« En même temps, on combat le gaspillage, analyse la Cannoise de 80 ans. A la maison, je cuisine souvent les restes parce que j’aime que rien ne se perde. » Avec les aliments oubliés de son frigo, elle mijote déjà des ratatouilles et des soupes. Mais tous les seniors n’ont pas ces habitudes. « Entre un quart et un tiers des personnes âgées entrent dans les maisons de retraite en situation de dénutrition. Ce chiffre ne bouge pas depuis trente ans, pointe la responsable du projet Lola Veyrat. Cet atelier donne des clefs pour redonner envie de cuisiner. »

Dans les Alpes-Maritimes, Silver Fourchette organise aussi des concours de cuisine entre chefs d’Ehpad et des ateliers participatifs avec une diététicienne. « Les besoins et les goûts évoluent en fonction de l’âge, pointe la diététicienne Camille Neme. A cause de contraintes comme des régimes, le budget ou l’isolement, les personnes âgées ont tendance à manger moins de viande et de féculents : cela accélère la fonte musculaire et la perte d’énergie. » Avec la coquille Saint-Jacques accompagnée des restes, ils retrouvent le goût du bien manger.