VIDEO. Vendée: C'est quoi le secret du succès du fion? Non, on ne blague pas le fion se déguste...

DESSERT « 20 Minutes » vous fait découvrir les secrets des plus célèbres desserts de France. En ce dimanche de Pâques, c’est le fion qui tombe le masque…

David Phelippeau

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Le fameux fion.
Le fameux fion. — D.P. / 20 minutes
  • Pour Pâques, 20 Minutes vous emmène en Vendée pour faire connaissance avec le fion, un flan aux œufs au lait.
  • Le nom du produit amuse évidemment beaucoup.

Il en existe des petits, des moyens et des très gros. Le fion, pâtisserie traditionnelle vendéenne, se décline en plusieurs tailles. Thérèse Rorthais, gérante de l’enseigne « Les Fournées de la Vie » à Aizenay en Vendée en a fait sa spécialité. « Notre notoriété vient du fion », estime même Michel, son mari. Le couple et leurs douze salariés fabriquent aussi de la brioche, de la gâche, de la fouasse, du préfou… mais le fion semble être la pâtisserie dont ils sont les plus fiers.

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« Fion, ça vient de flan [fiun] en patois vendéen, explique le mari, qui avant de mettre la main à la pâte était informaticien. Il est composé d’une pâte ébouillantée à l’eau. Dans celle-ci, on ajoute une préparation appelée la fionnaïe [en patois], des œufs au lait avec cannelle, vanille voire fleur d’oranger. Puis, on fait cuire le tout au four… »

Une spécialité de Pâques

Cette pâtisserie (à consommer plutôt froide) est connue dans le quart nord-ouest du département. Dans la région de Challans ou Saint-Jean-de-Monts notamment, on parle de flan maraîchin. Dans le secteur d’Aizenay, on tient au nom de fion… et on prétend que la recette, la taille et le goût du produit sont différents.

« C’est une spécialité de Pâques car c’est la période durant laquelle les poules pondent en abondance, précise Fabienne Couton-Laine du Pôle tourisme de Vendée expansion. A partir du vendredi saint, on prépare les croûtes. Le samedi, on met la fionnaïe [œufs au lait] dans ces dernières et ensuite on cuit le tout. On ne peut seulement goûter le fion qu’après la messe du dimanche de Pâques… Si on ne respecte pas ça, on s’expose aux pires ennuis ! » Ça, c’est la légende.

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Aux « Fournées de la Vie », on en fabrique 40.000 de taille moyenne (4-6 parts) et 80.000 en format individuel à l’année. Et ce week-end de Pâques, 600 à 700 fions seront conçus avec des « bords hauts » et « pour 6 à 8 personnes ». « Peu de boulangers-pâtissiers en fabriquent en Vendée car le mode opératoire est compliqué, poursuit Michel. Il faut du temps. C’est dur et long. » Et il faut un certain coup de main pour disposer la pâte dans le moule. Thérèse, ancienne institutrice, le maîtrise à merveille. « C’est une histoire de famille, sourit-elle. Ma grand-mère en faisait. J’ai créé ça pour faire perdurer les recettes anciennes. »

Un nom pas très gracieux, des blagues à gogo

Quant aux remarques potaches concernant le nom «fion», Thérèse et Michel ont tout entendu. Et surtout toujours un peu les mêmes plaisanteries. « Dans les salons, les gens s’arrêtent parce qu’ils voient que c’est écrit “fion”, ça les amuse, ça les interpelle… et ils goûtent et apprécient. » Pourtant pas très « gracieux », le nom ferait même figure d’atout, selon Thérèse et Michel. « Si c’était écrit simplement “flan”, les gens ne prêteraient pas autant attention au produit et ne goûteraient pas… »

Il y a quelques années, les deux Agésinates (habitants d’Aizenay) ont reçu quelques coups de fil intempestifs. « Des jeunes éméchés laissaient des messages sur notre répondeur… », se souvient Michel. La « mode » semble être passée, même si l’appellation de cette pâtisserie prête toujours à sourire. « Sur un salon, un jour, un monsieur a mis son doigt dans un de mes fions, je vous rassure, il l’avait payé ! Il m’a regardé et il m’a dit : “C’est bien la première fois que je mets un doigt dans le fion sur un salon…” » Le fion, on ne s’en lasse pas. Cet humour, un peu plus.