Nice: Après l'affaire des faux pans-bagnats, ils veulent une loi pour protéger (aussi) les recettes

LEVER DE BOUCLIERS Un collectif se mobilise pour créer un dispositif sur le modèle des AOP-AOC qui sanctuariserait les particularités culinaires de chaque région…

Fabien Binacchi

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A Nice, le pan bagnat fait même l'objet d'un championnat du monde
A Nice, le pan bagnat fait même l'objet d'un championnat du monde — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Un collectif de défenseurs de la cuisine niçoise va demander l’aide des députés pour légiférer en faveur de la protection des recettes régionales.
  • Ils vont demander le concours d’autres régions.
  • Ces passionnés sont las de voir les recettes typiquement niçoises être dénaturées.

Il y avait eu la salade « niçoise » d’Hélène Darroze, avec pommes de terre et haricots verts. Puis, les remix tout aussi douteux de McDonald’s en Italie... Mais la semaine dernière, l’affaire des (faux) « pans-bagnats » de Thierry Marx, saveur poulet au miel ou jambon-mozarella, a finalement eu raison de la patience des défenseurs de la cuisine niçoise.

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Dimanche, certains d’entre eux ont annoncé la création « d’un collectif qui demandera [aux] élus, et plus particulièrement [aux] députés, une proposition de loi visant à protéger les fleurons [des] cuisines régionales ».

« Un vide juridique »

« L’idée serait de voir, également avec des politiques du pays basque ou encore du Sud-Ouest notamment, partout en fait où la gastronomie locale regorge de recettes emblématiques, s’il est possible de légiférer pour remplir un vide juridique », explique Franck Viano, à la tête ce mouvement.

« Il y a les AOP ou les AOC pour les produits de base, mais rien pour protéger les recettes, qui sont aussi importantes pour le patrimoine culinaire français. Comme on n’imagine pas une seule seconde déguster un cassoulet aux pois chiches, on ne devrait pas voir de pan-bagnat autrement qu’avec des crudités et du thon », martèle celui qui travaille aussi sur une candidature de la cuisine niçoise au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

Faire du marketing sur des choses fausses

Las de voir la salade niçoise être mise en conserve ou la pissaladière et la socca être galvaudées à toutes les sauces, surtout les plus improbables, ce collectif, déjà rejoint par d’anciens restaurateurs, dit donc « stop au massacre de la cuisine niçoise. »

« Mais nous ne sommes pas des ayatollahs, répète Franck Viano, chargé de mission à la ville de Nice. Tout le monde peut revisiter la gastronomie comme il l’entend. Le problème, c’est de faire du marketing sur des choses fausses. » Reste à voir si la loi pourra y mettre le holà.