Saviez-vous que la Bretagne était l’autre pays de la raclette?

SPORTS D'HIVER La marque Entremont fabrique l’ensemble de son fromage à raclette à Loudéac dans les Côtes-d’Armor...

Jérôme Gicquel

— 

Une bonne raclette pour se réchauffer pendant l'hiver.
Une bonne raclette pour se réchauffer pendant l'hiver. — YAGHOBZADEH RAFAEL/SIPA;
  • Véritable sport national, la raclette est l’un des plats de montagne par excellence.
  • C’est pourtant en plein cœur de la Bretagne que la marque Entremont fabrique son fromage.
  • Les producteurs de Savoie tiennent à marquer leur différence avec les grands groupes industriels.

Que seraient les longues soirées d’hiver sans la raclette ? Rien, on vous l’accorde. Et si la raclette trouve ses origines dans le canton du Valais, en Suisse, en France, c’est la Savoie qui en détient l'appelation. Depuis janvier 2017, ce monument de la gastronomie française a d’ailleurs obtenu le label Indication géographique protégée (IGP).

« Notre raclette a du goût mais n’est pas trop salée. Et elle ne fait pas d’huile dans les poêlons », précise même Patrick Ramet, président de l’organisme de défense et de gestion de la raclette de Savoie.

Sans le savoir, beaucoup de gastronomes mangent de la raclette bretonne

A plus de 1.000 kilomètres des sommets enneigés des Alpes, la raclette fait pourtant encore tourner les têtes. A Loudéac (Côtes-d’Armor), commune du centre de la Bretagne plus branchée agroalimentaire que sports d’hiver, est produit tout le fromage à raclette d’Entremont, deuxième marque la plus vendue derrière Richesmont.

Chaque année, 150 millions de litres de lait sont ainsi transformés en fromage à raclette dans cette usine propriété depuis 2011 de la coopérative laitière Sodiaal. Après huit semaines d’affinage, délai minimum pour avoir l’appellation de raclette, le fromage prend ensuite la direction de Glomel, à 50 kilomètres de Loudéac, pour être découpé et conditionné.

Sans le savoir, beaucoup de personnes mangent donc de la raclette bretonne, fabriquée avec du lait pasteurisé contrairement à la raclette de Savoie, élaborée au lait cru. Une hérésie crieront certains. Peut-être. Mais pour fabriquer de la raclette, il faut du lait de vache et du lait, la Bretagne n’en manque pas.

les ventes de raclette de Savoie ont fortement progressé

Patrick Ramet ne tient pas à polémiquer sur le sujet : « Il existe plein de raclettes différentes sur le marché. Nous proposons une raclette premium, d’autres une raclette standard ou low-cost. C’est au consommateur de faire son choix. »

 

Face aux grands groupes industriels, les producteurs de Savoie tiennent toutefois à afficher leur différence. « L’obtention de l’IGP nous a permis de sortir de cette concurrence acharnée et de cette guerre des prix. Et nous sommes en train de réussir notre pari », se réjouit-il. Depuis janvier 2017, les ventes de raclette de Savoie ont ainsi fortement progressé avec « une croissance à deux chiffres ».