« Marginal par rapport aux difficultés des milliers de gens à la rue »

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Interview de Mylène Stambouli (Verts), adjointe chargée de l’Exclusion à la Mairie de Paris

Quelle est la position de la Mairie sur ce dossier des tentes de SDF ?

Cette affaire de tentes ne doit pas cacher le vrai problème, qui est l’hébergement d’urgence. Nous, à la Mairie de Paris, nous partageons les objectifs poursuivis par Médecins du Monde. Nous n’avons jamais critiqué cette campagne de distribution de tentes. Des problèmes de voisinage ont surgi, localement, mais c’est très marginal par rapport aux difficultés des milliers de gens qui sont à la rue en Ile-de-France.

Vous souhaitez donc les laisser en place ?

Ce que nous souhaitons, c’est que l’Etat agisse sur l’hébergement de jour en Ile-de-France. Je sors tout juste d’une réunion avec la médiatrice nommée par le gouvernement sur ce dossier. Je lui ai rappelé qu’il existe à ce jour un millier de places à Paris qui pourraient être ouvertes le jour. Cela ne coûterait à l’Etat que 5 millions d’euros. Par ailleurs il est nécessaire de créer 5000 places sur l’ensemble de l’Ile-de-France, notamment en petite-couronne. La médiatrice a jusqu’au 31 juillet pour rédiger un rapport. Nous verrons bien.

La Ville de Paris souhaite que les places d’hébergement d’urgence soient mieux réparties sur l’ensemble de la région ?

Paris en concentre déjà une bonne partie. Mais les lieux pour en créer de nouvelles deviennent de plus en plus difficiles à trouver. La demande des SDF est d’avoir des endroits en milieu urbain. La plupart des villes de petite couronne correspondent à ce critère.

Propos recueillis par Mickaël Bosredon