Nelly Boutinot: « Il faut craindre la répétition des canicules »

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Trois questions à Nelly Boutinot, vice-présidente de la ligue Roc pour la préservation de la faune sauvage

Le gouvernement vient d’autoriser les centrales nucléaires du groupe EDF à relâcher des eaux plus chaudes dans les rivières. Quelles sont les conséquences sur l’environnement ?

Il est difficile aujourd’hui de s’appuyer sur de la documentation scientifique, je suis en train de la réunir. Ce que nous savons aujourd’hui, c’est que ces rejets ont des effets sur l’équilibre de la vie aquatique en général, et sur la sexualisation des poissons en particulier. Pour le moment, je n’ai pas trouvé d’études conséquentes.

Cette décision qui permet de maintenir l’approvisionnement en électricité vous semble-t-elle justifiée ?

Il y a un vrai débat de fond. Faut-il privilégier l’approvisionnement en électricité pour les climatiseurs ou faut-il privilégier la vie aquatique ? Je pense qu’il faut prendre ces problématiques à bras-le-corps en réunissant des scientifiques du vivant et d’autres du nucléaire pour trouver d’autres solutions.

Cette disposition a été prise lors de la canicule de 2003 et le gouvernement assure qu’il n’y a eu aucun impact sur la faune et la flore…

Si de telles données existent, on les a gardées sous le coude. Et de toute façon, nous ne savons pas réellement qui fait ces contrôles. Aujourd’hui, ce qui est à craindre, c’est la répétition des événements caniculaires. Si cela ne se produit qu’une fois, la nature est peut-être capable de l’encaisser. Sauf que tout laisse à croire que les périodes de canicule vont se rapprocher et là, les fleuves vont trinquer.

Recueilli par David Carzon