Charles-de-Gaulle Express sur les rails

Mickaël Bosredon

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Le ministre des Transports Dominique Perben a donné le coup d’envoi, hier, du Charles-de-Gaulle Express (CDG Express), un train qui doit relier, d’ici à 2012, la gare de l’Est à l’aéroport de Roissy et ses 51 millions de passagers annuels. « Tous les grands aéroports internationaux ont ou vont avoir une liaison rapide avec les centre-ville » a rappelé hier le ministre à 20 Minutes. « Il était donc important de donner à Roissy une bonne capacité de concurrence par rapport à d’autres aéroports, comme Heathrow et Gatwick à Londres ». Il a également insisté sur la «situation actuelle de la desserte de l’aéroport, pas satisfaisante.» Présentation du projet en cinq points clés.

Les enjeux de CDG Express

Hormis les voyageurs en correspondance, 55 % des passagers aériens de Roissy sont à destination ou en provenance de Paris intra-muros. L’enjeu du projet CDG Express est de proposer à ces passagers une liaison fiable et rapide – de l’ordre de 20 minutes, à raison d’un train toutes les 15 minutes - entre la capitale et l’aéroport. Ce train entièrement dédié aux passagers de Roissy doit leur assurer davantage de confort que le RER B, où « les conflits entre les voyageurs quotidiens et les passagers aériens encombrés par les bagages » sont d’usage, note le ministère des Transports.

CDG Express a également pour ambition de diminuer le trafic routier entre Paris et l’aéroport. La voiture, le taxi et le bus assurent 81 % des déplacements entre le centre de la capitale et Charles-de-Gaulle, « ce qui témoigne d’un déséquilibre manifeste dans la répartition modale et d’une offre de transports inadaptée » souligne encore le ministère des Transports. Le trafic routier généré par Roissy représente 35 % de la circulation sur les autoroutes A1 et A3. La part de marché du transport ferroviaire pourrait passer à 40 % après la mise en place de CDG Express, espère le ministère. Enfin, il pourrait de redonner à Paris une part importante de sa flotte de taxis, puisque 20 % des taxis parisiens sont en permanence occupés à la desserte des seuls passagers de Roissy.

Le financement

Le coût global du projet a été estimé à 640 millions d’euros, dont environ 120 millions pour le matériel roulant. Le choix du montage juridico-financier s’est porté sur une concession globale. Il a pour objectif de financer la réalisation du projet grâce aux seules contributions des usagers, sans faire appel aux contribuables. Le prix du trajet serait fixé entre 15 et 20 euros.

Les travaux

D’une longueur totale de 32 kilomètres, la liaison entend utiliser, au maximum, les infrastructures existantes. Un nouvel ouvrage souterrain sera cependant réalisé sous la zone industrielle CAP 18 (18°), d’une longueur de 700 mètres, reliant la gare de l’Est à la gare du Nord. Une autre tranchée couverte, de 400 mètres, devra également être réalisée sous la piste 4 de l’aéroport de Roissy.

Les prévisions de trafic

Après une période de montée en charge estimée à trois ans, CDG Express pourrait transporter en trafic moyen : 7,3 millions de passagers en 2015, 8,5 millions en 2020, 9,9 millions en 2025.

Le calendrier prévisionnel

Fin juillet 2006 : avis d’appel public à la concurrence
Fin octobre 2006 : remise des candidatures
Janvier 2007 : lancement de l’appel d’offres
Automne 2007 : Enquête d’utilité publique
1er semestre 2008 : signature du contrat avec le candidat sélectionné
2012 : mise en service de la liaison

Mickaël Bosredon