«Pendant ce temps, on demande aux patients de se serrer la ceinture»

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Trois questions à Dominique Guisti, secrétaire fédérale de la CGT-Santé.

La grève des chirurgiens libéraux, anesthésistes et gynécologues-obstétriciens met-elle en péril l’accès aux soins ?


Oui et notamment dans des régions où l’hôpital public a été cassé et les cliniques sont les seuls moyens d’accéder aux soins. En Midi-Pyrénées par exemple, certains départements n’ont plus d’hôpital public et les cliniques assurent les services d’urgence. Elles ont parfois le monopole des urgences, de la maternité et de la chirurgie. Aujourd’hui, avec cette grève, les cliniques ne répondent plus à cette mission de service public alors qu’elles ont bataillé pour l’obtenir.

C’est un mouvement qui peut durer ?

Ces chirurgiens libéraux, anesthésistes et gynécologues-obstétriciens ont déjà annoncé qu’ils étaient prêts à se remettre en grève à chaque période de vacances. Ça veut dire qu’ils vont continuer à faire prendre des risques à la population.

Que pensez-vous de leur attitude ?

Je trouve anormal qu’ils demandent à la Sécurité sociale de payer leur propre assurance. En fait, ils devraient attaquer leur assurance et non s’en prendre à la Sécurité sociale ou à leurs patients. Et pendant ce temps, on demande justement aux patients de se serrer la ceinture. Les limites ont été dépassées.

Recueilli par David Carzon