Virus du Yosemite: Aucun cas à ce jour en France et aucune panique

SANTE Le Samu de Paris s'est montré rassurant dimanche après l'infection de visiteurs du parc californien...

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Cinquante-trois familles de touristes français ont séjourné dans le camping Curry Village du Parc Yosemite (Californie), où des cas de contamination par l'hantavirus ont été détectés, a indiqué dimanche le ministère de la Santé.
Cinquante-trois familles de touristes français ont séjourné dans le camping Curry Village du Parc Yosemite (Californie), où des cas de contamination par l'hantavirus ont été détectés, a indiqué dimanche le ministère de la Santé. — David McNew afp.com

«L'impact est nul » a indiqué dimanche à l'AFP le Dr Michel Nahon, praticien hospitalier au Samu de Paris, a assuré dimanche qu'il n'y avait aucune panique.

«Beaucoup téléphonent par excès»

Le Samu de Paris a reçu sur le sujet une vingtaine d'appels, soit une trentaine pour l'Ile-de-France depuis l'appel à la vigilance lancé par les autorités sanitaires américaines, pour les personnes ayant visité le parc depuis la mi-juin.

«On a deux types d'appel : les gens qui ont mal compris et sont allés aux Etats-Unis, mais pas dans le parc ou pas dans le camping Curry village, où la contamination s'est produite. Et ceux qui y sont allés et ont des symptômes tels que courbatures, fièvres, et qui se trouvent encore dans la période d'incubation possible, de 4 à 6 semaines», indique-t-il.

«Beaucoup téléphonent par excès, mais il vaut mieux dans le doute appeler pour rien plutôt que ne pas appeler », pour «bien dépister des cas possibles », indique-t-il.

Il précise qu'il n'y a eu à ce jour «aucun cas de contamination ».

Procédures réactives

Tous les Samu ont mis en place une procédure réactive, indique-t-il.

Si on a séjourné dans le parc et qu'il n'y a pas de symptômes, «on ne fait rien». S'il y a des symptômes après un séjour au camping, «ça peut être différentes choses, mais on considère la personne comme cas possible », explique le Dr Nahon.

Après interrogatoire médical, pour confirmer notamment si on est toujours dans la période d'incubation, « on les orientera vers l'hôpital» pour deux choses: éventuellement, en fonction de ce que diront les infectiologues, faire une analyse de sang pour isoler le virus, et surtout «faire un traitement préventif des complications, afin de limiter les risques vitaux».

«L'accès précoce aux soins modifie le pronostic», insiste le Dr Nahon.

Transmission par les rongeurs

Le camping Curry village est sur un terrain non bitumé, avec des petits animaux qui circulent, dont des rongeurs, certains étant porteurs de cet hantavirus. L'hantavirus en règle générale se transmet de rongeur à rongeur mais il arrive parfois qu'il change d'hôte, et qu'il se transmette à l'homme.

Pour être contaminée, il faut que la personne ait touché l'urine ou les déjections ou respiré assez longtemps des poussières contaminées, par exemple en mangeant au contact de la terre ou en dormant dans un lieu souillé.

Le virus est actif «relativement peu de temps», selon le Dr Nahon, et la personne ne peut transmettre la contamination à une autre. Toutes les personnes contaminées ne développent la maladie.

Selon le Centre fédéral de contrôle et de prévention des maladies américain (CDC), 10.000 personnes ont fréquenté depuis la mi-juin le Curry village et sont donc susceptibles d'avoir été en contact avec le virus. Six cas de syndrome pulmonaire à hantavirus ont été détectés et d'autres cas potentiels sont surveillés. Deux des personnes infectées sont mortes.