Clichy : interrogé trop vite

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Le 28 octobre 2005 au matin. Muhittin Altun, jeune rescapé du transformateur EDF de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), est interrogé dans sa chambre stérile, à l'hôpital. Le lendemain même de son électrocution et de la mort de ses deux amis, Bouna et Zyed, qui devait marquer le début des émeutes de novembre 2005. Selon la Commission nationale de déontologie et de sécurité (CNSDS), qui a rendu hier son avis, « les conditions de cet interrogatoire ne sont pas conformes aux règles déontologiques de la police ». Parce que Muhittin, interrogé pendant une heure et demie, était « grièvement brûlé, et psychologiquement traumatisé ». Mais aussi parce qu'il a été interrogé seul, dans le cadre d'une enquête de flagrance « qui n'a jamais existé », selon ses avocats. Le jeune homme étant mineur, ses parents auraient dû assister à l'interrogatoire.

« On veut savoir pourquoi les policiers se sont précipités. Peut-être ont-ils subi des pressions ? », se sont interrogés les défenseurs de Muhittin. Les avocats vont demander l'ouverture d'une information judiciaire pour « mise en danger délibérée de la vie d'autrui et faux ».