Une étude vole au secours des pesticides

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Pas si mortels, les pesticides ? Le bimestriel Valeurs Vertes sort aujourd'hui un dossier complet sur la forte mortalité des abeilles attribuée à l'utilisation de pesticides interdits en 2004. Car malgré cette interdiction, « les surmortalités d'hivers constatées cette année dépassent encore les 50 % du cheptel » et les colonies d'abeilles « sont en partie décimées dans quatorze départements français ».

Valeurs Vertes présente une étude de l'université des sciences agronomiques de Gembloux (Belgique) sur le dépérissement des abeilles. Les chercheurs n'ont pas mis en évidence le rôle prédominant des pesticides dans cette surmortalité. Pour eux, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte : un parasite venu d'Indonésie appelé Varroa destructor, un mauvais état sanitaire des ruches, et surtout un problème plus global de biodiversité qui nuit à la qualité des ressources nutritives à disposition des abeilles. A qui la faute ? Pas seulement aux apiculteurs, mais aussi aux Français et à leur manie de ne planter que du gazon et des haies de thuyas, qui met à mal la biodiversité.

Les pesticides ne sont pas encore totalement dédouanés : certains scientifiques s'interrogent toujours sur la persistance de leurs effets nocifs, même s'ils ne sont plus utilisés depuis deux ans, ainsi que sur leur addition. « On connaît les effets pour chaque pesticide, mais que dire lorsqu'ils sont utilisés ensemble », se demande Jean-Louis Rivière, écotoxicologue.

Il y a urgence. Le nombre d'apiculteurs est passé de 85 000 à 75 000 en dix ans, et la production française de miel a chuté d'un quart. Au-delà d'une prise de conscience générale sur le problème de biodiversité, apiculteurs et agriculteurs ont inventé une solution : les jachères apicoles. Plutôt que de mettre en place des jachères qui ne servent à rien, il s'agit de constituer des réserves alimentaires pour abeilles.

David Carzon