Les précédentes interventions de Jacques Chirac

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Jacques Chirac a fermement condamné mercredi "les provocations manifestes" à l'égard des musulmans, avec le souci d'atténuer l'impact que pourrait avoir la publication le même jour des caricatures de Mahomet par l'hebdomadaire satirique Charlie-Hebdo.
Jacques Chirac a fermement condamné mercredi "les provocations manifestes" à l'égard des musulmans, avec le souci d'atténuer l'impact que pourrait avoir la publication le même jour des caricatures de Mahomet par l'hebdomadaire satirique Charlie-Hebdo. — Patrick Kovarik AFP/Archives

Depuis son élection en 1995, Jacques Chirac a marqué la fête du 14 juillet de déclarations politiques ou de petites phrases, dont le fameux "pschitt" de 2001.

1995: Jacques Chirac innove en tenant un point de presse plutôt qu'une interview télévisée. Le nouveau président justifie sa décision très controversée de reprise des essais nucléaires. Il lance un appel aux démocraties occidentales pour qu'elles "se ressaisissent" en Bosnie.

1996: Le chef de l'Etat, qui revient à la classique interview télévisée, réaffirme le cap du redressement de la France par l'assainissement des finances publiques. Appelant sa majorité à la mobilisation et à l'optimisme derrière le gouvernement d'Alain Juppé, il exclut toute dissolution de l'Assemblée nationale.

1997: Après les législatives anticipées et le retour de la gauche au pouvoir, Jacques Chirac définit les contours d'une cohabitation qu'il souhaite "constructive". Se portant garant "de l'équilibre des institutions", il fait valoir qu'elles donnent au président "une prééminence, un peu le dernier mot", ce que le Premier ministre Lionel Jospin contestera formellement en Conseil des ministres.

1998: La France a gagné la Coupe du monde de football et les Bleus sont les stars de la garden-party. Jacques Chirac exalte le "désir d'union, de cohésion, de force" qui s'est manifesté chez les Français et s'abstient de critiquer de front le gouvernement.

1999: Jacques Chirac repousse le quinquennat qui "serait une erreur" et qu'il fera pourtant adopter en septembre 2000. Premier à évoquer l'existence d'une "cagnotte", il souligne que la croissance a fait rentrer "énormément d'argent dans les caisses" de l'Etat et invite le gouvernement Jospin à "mener à bien les réformes de structure qui s'imposent", notamment sur les retraites.

2000: Le président critique l'action du gouvernement: "nous sommes dans une période de croissance forte" et la fracture sociale "ne se réduit pas", mais "s'élargit". Au nom de la non-ingérence dans les affaires municipales parisiennes, il ne départage pas les frères ennemis Jean Tiberi et Philippe Séguin.

2001: Personnellement mis en cause pour ses voyages payés en espèces, Jacques Chirac affirme que cette nouvelle affaire a fait "pschitt". Il taille en pièces l'action de Lionel Jospin, son futur adversaire de la présidentielle.

2002: Réélu pour un second mandat, Jacques Chirac annonce l'ouverture de trois grands chantiers: sécurité routière, lutte contre le cancer, insertion des handicapés.

2003: Jacques Chirac place son action sous le signe du "dialogue" et du "mouvement", tout en affirmant qu'on ne peut pas tout attendre de l'Etat, dans une interview largement consacrée aux tensions sociales du moment (retraites, intermittents).

2004: Le chef de l'Etat annonce un referendum sur la Constitution européenne et s'affirme comme le vrai patron de l'action gouvernementale en rappelant sèchement à l'ordre Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie. "Je décide, il exécute", assène-t-il.

2005: Après les revers du referendum européen et des Jeux olympiques, Jacques Chirac déclare: "Je ne me suis pas senti humilié. "J'ai puisé dans le message des Français du 29 mai, une énergie, une ambition nouvelles". Il s'efforce de redonner confiance aux Français en vantant les atouts du pays, et en demandant de prendre "à bras le corps" la question du chômage. Une semaine après les attentats de Londres, il affirme qu'"aucun pays dans le monde n'est à l'abri d'attentats".