Bac 2006 : succès trop garanti ?

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« Ces bons résultats sont dus au savoir. » Pour Gilles de Robien, le ministre de l'Education nationale, le record du nombre d'admis du premier coup au bac général n'a rien à voir avec un éventuel coup de pouce donné aux étudiants après les mouvements anti-CPE. Pourtant, la polémique enfle pour cause de statistiques exceptionnelles. En effet, 73,9 % des candidats ont eu leur bac du premier coup contre 68,8 % l'an dernier. Ce taux de réussite atteint même 79,8 % pour le bac S, réputé le plus difficile. Les syndicats d'enseignants rejettent eux aussi toute idée de laxisme sur la notation. « Sujets et barèmes ont été décidés avant le mouvement anti-CPE, et à notre connaissance, il n'y a pas eu de consigne spéciale donnée aux jury », assure Bernard Boisseau, le secrétaire général du Snes-FSU. Selon lui, le problème vient de l'addition de plusieurs phénomènes : « D'abord, une nouvelle façon de noter les TPE plus favorable. Ensuite, pour le bac S qui concerne la moitié des candidats, on sait que le sujet de physique a été jugé facile et que le système de notations du QCM a également été changé en faveur des candidats. »

Les bons chiffres posent des questions sur l'avenir de ce diplôme. « Cela va provoquer des débats redoutables, estime Bernard Boisseau, sur la valeur nationale du baccalauréat à laquelle nous sommes attachés, et sur la question de la sélection à l'entrée des universités. » Les syndicats ont prévu de demander au ministère de l'Education de redresser la barre et de redonner du crédit au bac.

David Carzon