Papiers en vue pour des milliers de familles

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Fêtant "la victoire du Contrat première embauche" (CPE), les militants syndicaux parisiens avaient tous à la bouche, lundi, le "retrait du CNE" (contrat nouvelle embauche, grand frère du CPE), tandis que le projet de loi Sarkozy sur l'immigration faisait l'unanimité contre lui.
Fêtant "la victoire du Contrat première embauche" (CPE), les militants syndicaux parisiens avaient tous à la bouche, lundi, le "retrait du CNE" (contrat nouvelle embauche, grand frère du CPE), tandis que le projet de loi Sarkozy sur l'immigration faisait l'unanimité contre lui. — Stéphane de Sakutin AFP

« Plusieurs milliers de familles » sans papiers vont être « régularisées », a annoncé hier Yannick Blanc, directeur de la police générale de la préfecture de police de Paris, dans un entretien au Monde daté d'aujourd'hui. Il souligne, en réponse à une question sur ce sujet, qu'il « n'y a pas de comparaison » avec la régularisation d'étrangers effectuée en 1997 et 1998 par le gouvernement de Lionel Jospin. Les personnes régularisées « à l'époque (...) étaient des travailleurs étrangers célibataires », tandis que la circulaire du 13 juin de Nicolas Sarkozy ne concerne que les familles, et notamment celles qui ont un enfant scolarisé dans les écoles françaises. Le directeur de la police générale a également balayé les « peurs illégitimes » de familles clandestines inquiètes d'une éventuelle « reprise des expulsions pendant l'été » et d'une « chasse à l'enfant », notamment dans la capitale. « A Paris, nous n'interpellons pas les mineurs », a-t-il ajouté.

Réagissant à ces propos, Richard Moyon, porte-parole du réseau Education sans frontières, a assuré qu'il restait néanmoins « vigilant » et qu'il veillerait « à ce que les actes soient en accord avec les paroles ». « Si nous n'avions pas sonné le tocsin, nous serions aujourd'hui dans la chasse à l'enfant », a-t-il répliqué, avant de prévenir qu'« il est impensable qu'à la rentrée, on ne retrouve pas dans les classes des élèves qui sont partis en vacances en juin ».

Hier, les dépôts collectifs de demandes de régularisation de sans-papiers se sont poursuivis dans les centres de réception des étrangers, en présence des parrains ou marraines, de militants d'associations, de syndicats et de partis politiques. Les quatre mille familles concernées ont jusqu'au 15 août pour présenter leur demande de régularisation.

Laure de Charette

Les familles ne pourront être régularisées que si leur enfant est né en France ou arrivé avant l'âge de 13 ans, s'il est scolarisé depuis septembre 2005, et si les parents vivent en France depuis au moins deux ans.