Zizou ne dope pas vraiment la croissance

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Les caisses de la France se remplissent-elles à chaque but des Bleus ? Pas forcément, selon les experts. « C'est vrai que plus notre équipe progresse dans la compétition, plus le moral des ménages est à la hausse, donc les gens consomment. Mais en même temps, la productivité baisse car les gens travaillent moins au fil des victoires », analyse Nicolas Bouzou, économiste.

Certains secteurs tirent néanmoins leur épingle du jeu, notamment l'électronique grand public (écrans plasma, etc.). La rencontre France-Espagne a également permis à l'action TF1 de grimper de 2,19 % à la Bourse de Paris. Et Décathlon et Adidas, qui craignaient de rester avec leurs maillots de l'équipe de France sur les bras, sont en rupture de stock. Mais d'autres risquent de ne pas rentrer dans leurs frais, malgré les prouesses de Zizou. C'est le cas des cafés et tabacs, qui ont dû investir dans des écrans géants pour éviter que les gens ne regardent les matchs depuis leur canapé. « Malgré cela, ils peinent à éviter une perte de leur clientèle », regrette le secrétaire général de la confédération des buralistes. L'autre grand perdant de cette Coupe du monde reste l'automobile française, en crise depuis janvier, les consommateurs ne pouvant acheter à la fois un écran plat et une voiture.

Sur un plan strictement économique, certains scénarios apparaîtraient malgré tout plus rentables pour le pays. Selon Nicolas Bouzou, « si la Mannschaft devient championne du monde, ça va leur mettre du baume au coeur. L'Allemagne étant notre premier partenaire commercial, ce serait très bon pour nos produits. »

Laure de Charette