«Pot belge»: prison ferme pour les frères Roux

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« L'affaire du Tour de France n'a rien changé. » Laurent Roux, 33 ans, est amer. Hier, l'ex-cycliste professionnel a été condamné à trente mois de prison dont vingt avec sursis par le tribunal correctionnel de Bordeaux, pour trafic de « pot belge », un cocktail à base de produits dopants. Son frère Fabien, 24 ans, a écopé de vingt-quatre mois dont quinze avec sursis et l'ex-soigneur belge Freddy Sergant de quatre ans de prison ferme.

Des peines allant de l'amende à de l'emprisonnement avec sursis ont enfin été prononcées à l'encontre des vingt autres prévenus. Une sévérité dénoncée par leurs avocats, qui misaient sur le coup de théâtre du Tour de France pour minorer cette affaire. La Grande Boucle est en effet partie sans les favoris Jan Ullrich et Ivan Basso, leurs noms figurant sur une liste de 58 coureurs soupçonnés de dopage, communiquée la semaine dernière aux dirigeants du Tour.

Cette affaire de trafic de « pot belge » n'aurait « pas la même envergure que celle qui éclabousse le Tour de France », selon Gérard Danglade, avocat de Freddy Sergant, absent à l'audience. « Je ne veux pas éponger pour tout le monde », s'est indigné Laurent Roux, persuadé qu'il reste « le faire-valoir d'un système corrompu ». « On condamne quelqu'un de temps en temps, pour montrer que le cyclisme est propre. Mais rien n'a changé depuis l'affaire Festina en 1998, a-t-il ajouté. Aucun sportif de haut niveau ne s'est retrouvé comme moi en cellule, avec 700 détenus. » Pour son avocat, Alexandre Novion, Laurent « a été jeté en pâture à une forme d'exemplarité (...) ». Les frères Roux ont déjà purgé huit mois de détention provisoire. Ils ne retourneront donc pas en prison.

A Bordeaux, Marion Guillot

Les avocats de la défense hésitaient hier à faire appel. « On risque une aggravation des peines, qui sont déjà sévères », estime Gérard Danglade. Pour Alexandre Novion, « ce jugement n'est pas un désastre ».