Le ballon rond, nouvel opium des peuples?

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« Un fléau, une organisation financière, un complexe totalitaire. » Marc Perelman, coauteur avec Jean-Marie Brohm de l'essai Le Football, une peste émotionnelle* paru en mai dernier, n'a pas de mots assez durs pour critiquer le ballon rond. « On voit des peuples écrasés de douleur et des pays quasi arrêtés quand l'équipe nationale perd, et à l'inverse des masses totalement submergées par une émotion disproportionnée quand leurs onze joueurs gagnent », assène-t-il. Que pense-t-il de la liesse nationale, comme en 1998 ? « Notre territoire ne se résume pas à un terrain de foot, notre langue à des vociférations et notre armée à un commando d'hommes en bleu », rétorque l'auteur. Selon lui, le foot n'incarne pas de valeurs positives, il « uniformise au contraire les comportements ». Et, plus grave, il permet d'occulter la réalité. « Grâce à la Coupe du monde, Chirac exulte », conclut-il.

L. d. C.

* Ed. Gallimard, 7,50 e.

19,6 millions de téléspectateurs ont vu France-Espagne, soit 1,7 million de plus que pour France-Brésil. 54 % des téléspectateurs ont regardé « Téléfoot » (TF1) dimanche matin. L'émission n'a jamais eu autant de succès depuis son changement d'horaire en 1992. 5 millions de personnes ont visité le site officiel www.fifa worldcup.com chaque jour depuis le match d'ouverture.