Ecotron, le guide de survie de l'humanité

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Prairies, forêts, marais... aucun écosystème ne sortira indemne du réchauffement de la planète. Pour connaître l'ampleur des dégâts, les scientifiques vont tenter de simuler en laboratoire l'impact sur l'environnement des bouleversements à venir.

Avant la fin de l'année, la France devrait engager la construction de deux « écotrons », des laboratoires où des morceaux d'écosystèmes sont soumis à divers stress. Le premier sera édifié à Montpellier, le second sur le site de Foljuif, près de Fontainebleau (77). L'investissement, à chaque fois, est de l'ordre de 7 à 8 millions d'euros. Ce dispositif sera complété par des installations plus modestes au col du Lautaret (Hautes-Alpes) pour les écosystèmes alpins et à Sète pour les écosystèmes lagunaires.

« Pour obtenir des mesures exploitables, il faut confiner le système, explique Jacques Roy, le père du projet montpelliérain. En pleine nature, vous pouvez mettre une cloche sur les plantes que vous voulez étudier, mais l'effet de serre crée une perturbation. » Avec l'écotron, les chercheurs peuvent jouer sur la température, la teneur de l'air en gaz carbonique ou les polluants. A Montpellier, on pourra transplanter des écosystèmes de 4 m2 avec leur sol sur 1,25 mètre de profondeur. L'écotron comprendra douze de ces unités consacrées à des études de trois à cinq ans. A Foljuif, le laboratoire comprendra aussi des « cages à population » pour étudier l'impact de la fragmentation des paysages sur la survie des espèces animales, ainsi qu'une vingtaine de grands bassins pour analyser les milieux aquatiques. « Les scientifiques spécialisés en écologie ont besoin d'expérimenter », insiste l'un d'eux. Une question néanmoins : cette nouveauté n'arrive-t-elle pas trop tard ?

Le mot « écotron » a été formé en référence aux synchrotrons, ces grosses installations qui permettent d'explorer la matière. L'écotron de Montpellier sera piloté par le CNRS et celui de Seine- et-Marne par l'ENS.