Les sans-papiers bientôt fixés sur leur sort

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Le bout du tunnel semble approcher pour près de 4 000 familles sans-papiers ayant un enfant scolarisé. Les rendez-vous fixés par la préfecture de police de Paris à ces personnes afin d'étudier une éventuelle régularisation commencent ce matin. Et ce week-end, Arno Klarsfeld, le médiateur nommé par le ministre de l'Intérieur, s'est voulu porteur d'un « message d'apaisement à l'adresse des familles ». Il a qualifié les critères définissant les conditions requises pour rester en France dans la circulaire du 13 juin de « souples, larges et généreux », en soulignant que « primait l'intérêt de l'enfant ».

La pression des associations sur le gouvernement s'est en effet accentuée, alors qu'aucune « chasse aux enfants » n'a, semble-t-il, eu lieu. Samedi, 7 200 (selon la police) à 50 000 personnes (selon les organisateurs) ont défilé dans la capitale à l'appel du réseau Education sans frontières, pour demander l'abrogation de la loi sur l'immigration et pour dire « non aux expulsions ». Un numéro d'urgence national pour l'été*, opérationnel jusqu'au 3 septembre, a été créé en cas d'interpellation ou de menace d'expulsion. Ailleurs, outre les manifestations de soutien, les parrainages d'enfants ont continué. « Je suis fier de cette France qui se mobilise pour soutenir les enfants et les familles qui sont aujourd'hui menacés », a déclaré samedi François Hollande, premier secrétaire du PS, devant la convention nationale du parti.

Les familles vont continuer à être convoquées à la préfecture jusqu'à la mi-août, au fur et à mesure de leurs déclarations dans les centres de réception des étrangers. Avec à la clé, l'expulsion ou la régularisation.

L. d. C.

* 0820 20 70 70 (0,09 e/min).

Les sans-papiers en grève de la faim installés depuis le 29 mai dans le centre de Poitiers ont été évacués hier à l'aube par les CRS. Ils se sont dispersés après avoir accepté un protocole de réalimentation.