Le mammouth croquerait bien les éléphants

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Lionel Jospin est sorti mardi de la réserve qu'il observait depuis deux mois sur les affaires françaises, en proposant aux socialistes un cap à suivre pour l'élection présidentielle de 2007, dans un long texte au ton rassembleur.
Lionel Jospin est sorti mardi de la réserve qu'il observait depuis deux mois sur les affaires françaises, en proposant aux socialistes un cap à suivre pour l'élection présidentielle de 2007, dans un long texte au ton rassembleur. — Louisa Gouliamaki AFP/Archives

« Franchement, on s'en fout, le seul truc qui nous intéresse, c'est de savoir si Ribéry va faire un bon match... » Ce proche de Laurent Fabius semblait plus inquiet hier du résultat de France-Brésil que d'un éventuel retour de Lionel Jospin. A dix mois de la présidentielle, la vraie-fausse déclaration de candidature de l'ex-Premier ministre mercredi soir sur TF1 – « s'il apparaissait que je suis le mieux placé (...) pour exercer la fonction présidentielle (...) alors je me poserais la question » d'être candidat en novembre – a pourtant bousculé la donne socialiste chez les autres prétendants.

Mercredi soir, le premier meeting parisien de DSK a été pollué par l'annonce, provoquant l'agacement des strauss-kahniens comme Pierre Moscovici, qui « ne voit pas dans quelles circonstances [une candidature Jospin] peut arriver ». Jospin peut-il être le mieux placé pour être désigné par les socialistes ? Dans la plupart des sondages, Ségolène Royal possède toujours sur lui près de trente points d'avance d'opinions favorables (environ 67 % contre 40 %). Début juin, elle a assuré qu'elle se retirerait « devant tout candidat mieux placé que moi ». Reste donc pour Jospin d'arriver en tête.

Si mercredi, il n'a pas dit officiellement qu'il était candidat, c'est parce qu'il attend d'être appelé par les instances du PS. D'où le rôle clé de François Hollande. « Ce que penseront le premier secrétaire et les principaux responsables du PS sera un élément tout à fait important », a d'ailleurs glissé Jospin. L'appel au sauveur serait le seul moyen pour lui d'écarter les autres candidats. Jack Lang se retirerait certainement, DSK serait plus long à convaincre, Martine Aubry n'irait pas, ni Hollande. Pourraient rester en lice Royal et Fabius.

Bastien Bonnefous

Déjà en 1993, Jospin avait déclaré vouloir se « tenir éloigné, pour un temps, de l'action politique directe » après sa défaite aux législatives en Haute-Garonne. Il était revenu en septembre, avant d'être candidat à la présidentielle de 1995.