Daniel Vaillant : «S'il y a dix candidats au Parti socialiste, il n'ira pas»

©2006 20 minutes

— 

Interview de Daniel Vaillant, député du 18e arrondissement de Paris et proche de Jospin.

Lionel Jospin est-il candidat ?

Il se pose la question parce que tout n'est pas résolu. Certes, le PS a un projet, des candidats aux législatives, il dialogue avec d'autres partis de gauche, mais cela ne suffit pas pour gagner une présidentielle. Les sondages d'aujourd'hui, y compris pour Ségolène Royal, ne veulent rien dire à mon avis. Jospin n'est pas un recours, il n'est pas l'homme providentiel du PS, mais il peut être une solution pour gagner.

Peut-il être un candidat comme les autres ?

S'il se présentait, il serait bien sûr soumis au vote des adhérents. Il n'y aurait pas de conclave secret pour le désigner en dehors de la démocratie militante. Mais il ne veut pas être un candidat de plus parce qu'alors, il serait un candidat de trop. S'il y a dix candidats, il n'ira pas.

Il faut donc que Jack Lang ou DSK se retirent ?

Ils feront ce qu'ils voudront. En septembre, ils verront bien s'ils ont la capacité de faire gagner le PS et la gauche. C'est à la fois une prise de responsabilité collective et individuelle.

Vous mettez aussi la pression sur François Hollande...

Le premier secrétaire a un rôle primordial pour l'unité et le rassemblement du PS. Il devra s'exprimer à un moment donné. François Hollande était informé de l'intervention de Lionel Jospin. Il s'attendait à des paroles fortes, peut-être pas autant concernant la question de la candidature.

Partant en 2002, revenant en 2006, Jospin ne se moque- t-il pas des militants PS ?

Il est parti en 2002 sans avoir l'idée de revenir, mais jamais il n'a dit qu'il serait muet et inactif. Aujourd'hui, il se pose la question vu la situation du pays. Il n'y a pas de petite tactique. Il pensait également qu'un leader émergerait au PS après 2002. Ce n'est pas le cas.

Recueilli par B. B.