Une chaîne de solidarité bien huilée, au profit des enfants

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Les cacheurs d'enfants sont rodés, ayant déjà eu à intervenir par le passé. A Sens, Rachel et Jonathan ont disparu de la circulation l'été dernier pendant deux mois, « trimballés d'un lieu de cache top secret à l'autre », précise Jean Pilon, un membre de RESF qui a suivi leur parcours de bout en bout. « Ils ne sont réapparus que le jour où leurs parents n'ont plus été inquiétés. » A Evreux, pour empêcher les autorités de renvoyer Wei Ying et Ming en Chine, leurs enseignants et leur collectif de soutien les ont cachés pendant des semaines avant que le tribunal administratif ne casse l'arrêté préfectoral de reconduite à la frontière.

A Pau, Samuel, un jeune orphelin ghanéen, a été caché par ses professeurs pendant plus de trois mois, après avoir été arrêté dans son collège, gardé trente jours en centre de rétention, poussé de force dans un avion, menotté et entravé, emprisonné à Fleury-Mérogis, et enfin libéré. Il a, depuis, revu ses protecteurs.

Tout au long de l'année scolaire, des membres de RESF se sont relayés pour inciter les proviseurs à refuser de « livrer » les enfants expulsables aux policiers venus les chercher en classe. « La tentation existe de faire jouer à l'école un rôle de délateur », disent-ils.