Perpétuité requise contre David Hotyat

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Un avant-goût de verdict. L'avocat général de la cour d'assises de Haute-Savoie a requis hier, à Annecy, la réclusion criminelle à perpétuité à l'encontre de David Hotyat, l'assassin présumé des cinq membres de la famille Flactif en avril 2003. L'accusé n'a pas bronché à l'énoncé des réquisitions, prisonnier de cette silhouette recroquevillée qui aura traversé comme une ombre fuyante trois semaines de procès. Philippe Drouet a demandé à la cour d'assortir cette peine d'une période de sûreté de vingt-deux ans. Soit le maximum.

L'avocat général a vu en David Hotyat le destin d'un homme ordinaire que la haine et la jalousie sociale ont défiguré. Il a évoqué cette « haine qui renverse les fragiles barrières de la civilisation ». Interpellé en septembre 2003, David Hotyat avait avoué le meurtre du promoteur immobilier Xavier Flactif, de sa femme et de leurs trois enfants, dont il enviait le statut social, avant de se rétracter et de construire une version extravagante des faits. Durant les débats, il a maintenu cette version au grand dam des parties civiles, se présentant comme le témoin passif d'un massacre commis par deux « personnes », a-t-il répété. Mais impossible d'en savoir plus. L'avocat général a parlé hier d'« un florilège d'invraisemblances dont on peine à penser qu'il y croit lui-même ».

Une peine de quinze ans de prison a également été réclamée contre le complice présumé de Hotyat, Stéphane Haremza. A l'encontre de leurs anciennes compagnes, Alexandra Lefèvre et Isabelle Haremza, dix et sept ans ont été requis. Et contre Mickaël Hotyat, le frère de David qui a caché l'arme du crime, deux années de prison dont quinze mois avec sursis ont été demandées. « David Hotyat a tué seul, mais sans les autres il n'aurait pas commis ses crimes », a lancé Philippe Drouet. Le verdict est attendu vendredi.

A Annecy, Fabrice Arfi

Les couples Hotyat et Haremza s'étaient mis en tête d'éliminer les Flactif, puis de brûler les corps afin de s'approprier un de leurs chalets.