Le réseau d'entraide s'organise

©2006 20 minutes

— 

Ils risquent cinq ans de prison, et 30 000 e d'amende. Et pourtant, ils sont des centaines à proposer depuis plusieurs semaines au Réseau éducation sans frontières d'accueillir chez eux un enfant sans papiers menacé d'expulsion.

« Des gens, toutes tendances politiques confondues, nous écrivent pour nous dire qu'ils ont une maison, que leurs enfants sont partis », raconte Richard Moyon, porte-parole de RESF. Tous sont prêts à héberger, nourrir et distraire des petits fugitifs. « Mais c'est plus sécurisant pour les enfants si ce sont leurs professeurs, des parents d'élèves ou des amis qui s'occupent d'eux en juillet et août », reprend le porte-parole. Un de ses collègues en charge de l'organisation au départ de Paris, Jean Pilon, explique comment la disparition estivale des enfants sans-papiers se prépare : « Le but, c'est de les éloigner d'ici, de les conduire à la campagne, où il sera beaucoup moins facile de les trouver. Les volontaires vont les emmener en vacances avec eux, certains sont même prêts à leur payer un séjour en centre de loisirs ».

« Il n'y a même pas à justifier pourquoi on les prend sous notre aile, confie une enseignante de la région de Montpellier. C'est notre devoir.» D'autres futurs « cacheurs » évoquent un « problème de conscience ». Reste que « l'opération doit rester discrète et anonyme », précise Jean Pilon, qui étant trop exposé, regrette de ne pouvoir héberger un enfant. Ainsi quand un enfant aura été dissimulé, ses parents n'auront plus le droit de lui téléphoner. Afin de ne pas compromettre ceux qui, en donnant assistance à un fugitif, se mettent, eux aussi, hors la loi.

L d. C.