Jean Lemière : «On n'est toujours pas sorti de l'amiante»

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Interview de Jean Lemière, député-maire UMP de Cherbourg. Rapporteur de la mission d'information parlementaire sur l'amiante.

Après votre rapport en février, pourquoi organiser aujourd'hui un colloque sur « les risques professionnels après l'amiante » ?

La mission parlementaire ne veut pas que son rapport prenne la poussière sur une étagère. Le groupe d'études amiante reprend son activité à l'Assemblée et devrait présenter une proposition de loi à l'automne sur la prévention et l'indemnisation des risques professionnels.

C'est un sujet sensible...

On n'est toujours pas sorti du drame de l'amiante, puisque la situation devrait commencer à s'améliorer en 2020 selon les experts. Mais derrière, il y a le cadre plus large de la santé publique au travail en France. On parle beaucoup des éthers de glycol, des dérivés du formol, des troubles musculo-squelettiques... On n'est pas carré là-dessus, car on a toujours plus axé notre politique sur la réparation que sur la prévention.

Il y a débat sur le système d'indemnisation des victimes, entre une réparation au cas par cas, ou un système forfaitaire. Lequel est le meilleur ?

Ce débat est de la responsabilité des partenaires sociaux de la branche accidents du travail-maladies professionnelles de la Sécurité sociale. Mais les implications financières sont lourdes. En 2005, les réparations intégrales au cas par cas sur l'amiante ont dépassé le milliard d'euros. Si on les étend aux autres maladies professionnelles, les conséquences économiques seront énormes.

Recueilli par Bastien Bonnefous

Le colloque « Après l'amiante, quelle prévention des risques professionnels et quelle indemnisation des victimes » est organisé aujourd'hui à Paris (7e) à la Maison de la chimie par Jean Lemière et le député PS Jean Le Garrec, président de la mission d'information amiante. Xavier Bertand, ministre de la Santé, et Gérard Larcher, son collègue du Travail, seront présents. Le principal débat porte sur la réforme de l'indemnisation des risques professionnels. Les associations de victimes craignent une politique de réduction des coûts au détriment de la justice sociale.