Une ambiance de «Match» tendue

©2006 20 minutes

— 

Grève ou pas grève ? Les cent vingt journalistes de la rédaction de l'hebdomadaire Paris Match se sont réunis hier pour décider de mettre ou non à exécution la menace de grève qu'ils agitent depuis une semaine. Mercredi dernier en effet, ils avaient promis de cesser le travail, ce qui serait une première en cinquante-sept ans d'existence, le jour où le patron de la rédaction, Alain Genestar, serait effectivement « débarqué ». Or ce dernier a assuré hier soir « son dernier bouclage », avant de quitter ses fonctions, conformément à la demande que lui a adressée le groupe Hachette Filipacchi Médias, filiale de Lagardère et propriétaire du titre.

Ce départ scandalise les journalistes, qui ont réaffirmé lundi « avec force et inquiétude l'impérieuse nécessité pour Paris Match de travailler en toute indépendance éditoriale ». Car c'est la raison de cette poussée vers la sortie qui pose problème. Selon la rédaction, l'objet du délit serait la couverture d'août 2005 sur Cécilia Sarkozy et un homme présenté comme son compagnon. La une fort vendeuse (900 000 exemplaires) n'aurait pas plu au ministre de l'Intérieur, un ami d'Arnaud Lagardère, dixit Le Canard enchaîné. De là imaginer une pression exercée sur le groupe pour sanctionner l'indiscret...

L'entourage de Nicolas Sarkozy s'en défend, assurant à 20 Minutes n'avoir « exercé aucune pression, ni de près ni de loin, sur quiconque ». Et de son côté, la direction du groupe HFM, évoque un « différend déontologique », « une des causes qui ont concouru à la déstabilisation de la rédaction ». Alain Genestar était dans le groupe depuis vingt-huit ans et à la tête de « Match » depuis 1999.

L. d. C.

Plusieurs noms circulent pour remplacer Alain Genestar à la tête de la rédaction : Christine Ockrent, Gilles Martin-Chauffier ou Anne-Marie Corre, deux membres de la rédaction en chef.