Interview de Chirac : les réactions des politiques

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A droite comme à gauche, les réactions ne se sont pas faites attendre après l'interview télévisée du Président de la République sur France 2 lundi soir.

A droite :

Députés UMP :

Eric Raoult : "C'est le capitaine qui ne baisse pas les bras". Il "a rappelé qu'il était un vrai politique: sage et combatif, déterminé et clairvoyant". Il "n'est ni sur la touche, ni dans la mêlée, il reste le capitaine qui ne baisse pas les bras mais qui rappelle la majorité à se retrousser les manches. Il "a fixé le cap, félicité l'équipe, et ses talents, et défini les priorités. Chaque chose en son temps: aujourd'hui l'action, demain l'ambition."

Nadine Morano : "Le président de la République s'est positionné en rassembleur. Il a exprimé sa confiance et sa reconnaissance à Nicolas Sarkozy. Il s'est exprimé avec la grande expérience qu'il a de la vie politique et a conseillé à Dominique de Villepin d'écouter sa majorité."

Philippe Briand: "Jacques Chirac a sifflé la fin de la mi-temps et a qualifié le gouvernement et la majorité pour la finale du quinquennat. Il a parlé, la majorité a un chef. Nous ne gagnerons pour la France qu'ensemble."

Jean Leonetti : Jacques Chirac "a tracé la voie pour faire des mois qui restent avant les échéances électorales de 2007 une période utile. Les députés de la majorité attendaient ce message d'apaisement et d'appel à l'unité qui doit se traduire par un travail législatif cohérent, concerté et fidèle à nos engagements."

Hervé Mariton (villepiniste): "Jacques Chirac a rappelé un objectif simple dont nous ne devrions jamais nous détourner: l'action au service des Français. Comme le président, nombre de Français, qui ont fait confiance à la majorité, savent qu'arrêter d'agir se paierait très dur dans les urnes. La majorité a encore 10 mois pour travailler, 10 mois pour convaincre."

Jean-Pierre Grand (villepiniste): Jacques Chirac "a eu raison de rappeler fermement que rien n'autoriserait une majorité à perdre une année d'action alors que le gouvernement réussit. Comme la majorité des députés UMP, la confiance et les encouragements de Jacques Chirac envers le Premier ministre me font chaud au cœur."

Pierre Bédier (chiraquien): "La France a besoin de continuer d'avancer même en période pré-électorale, la majorité présidentielle procède d'engagements présidentiels que le gouvernement doit conduire à leur terme. Tous les calculs subalternes, toutes les hypothèses politiciennes ne font que nous éloigner des souhaits des Français. Il est utile et bon que le président ait souligné le devoir de cohésion et d'action d'une majorité qui procède de son élection."

Pierre Lequillier (président délégation à l'UE): "Je me félicite que le Jacques Chirac ait remis les pendules à l'heure (...). Avec fermeté et détermination, il a tracé la feuille de route pour la dernière année de la législature, qui évidemment ne doit pas être perdue (...). Les élections à venir ne doivent pas pour autant entraver l'action (...). Il a bien défini les rôles respectifs du gouvernement et de sa majorité, et la nécessité d'une collaboration permanente entre les deux."

Bernard Accoyer, chef de file des députés UMP : Jacques Chirac a "su, avec vigueur et conviction, rappeler que l'heure était au travail dans la sérénité". Satisfait que le chef de l'Etat "ait donné un nouvel élan rassembleur à la majorité", Bernard Accoyer a fait valoir que "sans se laisser distraire, chacun et chacune d'entre nous doit se mobiliser pour améliorer le quotidien des Français". Jacques Chirac "peut compter sur le groupe UMP pour mener à bien les réformes indispensables à notre pays", a-t-il ajouté.

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin : il s'est félicité lundi de la "réaffirmation" par Jacques Chirac des principes régissant "la bonne gouvernance". Dans un communiqué des "clubs Dialogue et initiative" qu'il préside, Jean-Pierre Raffarin s'est félicité que le chef de l'Etat ait "réaffirmé les trois questions de la bonne gouvernance républicaine: suprématie de la fonction présidentielle, écoute par le gouvernement du Parlement et action de réformes 5 ans sur 5".

UDF

Jean-Christophe Lagarde (député UDF): "Je suis triste d'avoir entendu un président aussi affaibli et décalé par rapport à ce que subissent les Français. Au lieu de parler aux Français, il s'est adressé à sa majorité parlementaire pour la convaincre de cesser ce qu'il qualifie d'ébullition passagère et qui n'est pourtant rien d'autre qu'une rupture de confiance entre le gouvernement et ses députés. Tout cela relève de la sclérose d'un système absolutiste."

A gauche :

Julien Dray, porte-parole du PS: "On n'attendait pas grand-chose de l'intervention du président de la République, on n'a pas été déçus". Jacques Chirac "a peut-être fait un homme heureux ce soir, le Premier ministre, mais il a surtout annoncé aux Françaises et aux Français que tout allait continuer comme avant - parce que tout le monde a évidemment constaté que tout allait bien... - pendant encore onze mois", a affirmé le député de l'Essonne. "C'est triste pour des millions de Françaises et de Français qui ont exprimé déjà à plusieurs reprises leur colère, leurs inquiétudes, qui attendaient un souffle d'espoir et qui, ce soir, savent qu'ils vont devoir encore endurer pendant de longs mois cette politique et ce Premier ministre", a-t-il ajouté.
Julien Dray a d'autre part ironisé sur deux erreurs du chef de l'Etat. "Il y a deux informations à donner au président de la République: la France ne pourra pas rencontrer le Brésil en finale, parce que le tableau est tel que, si cette rencontre a lieu, ce sera en quarts de finale. Il a aussi inventé un nouvel avion, il a parlé de l'A370 au lieu de l'A380", a-t-il relevé.

PCF

Le parti communiste a estimé que Jacques Chirac en était "réduit à la méthode Coué" et s'était livré à "l'autosatisfaction tous azimuts" dans son intervention à France 2. "De la misère qui grandit, du chômage et de la précarité qui s'étendent, des fins de mois impossibles, de l'inquiétante insécurité, du système de santé qui se dégrade, pas un mot pour prendre en compte les véritables difficultés des Français", a affirmé le PCF.

MRC

Georges Sarre (premier secrétaire du MRC): "Pendant trente minutes, Jacques Chirac nous a chanté: « Tout va très bien, Madame Chabot ». Le gouvernement volerait de succès en succès. La feuille de route qu'il donne à son Premier Ministre est la même que celle de l'année dernière. Dans un an, si la gauche veut gagner les élections et ne pas se retrouver avec le même décalage, elle devra tirer les enseignements de ce scrutin."

PRG

Jean-Michel Baylet (président du PRG): "Il est clair" que Jacques Chirac "est à côté du sentiment général des Français lorsqu'il affirme que le gouvernement +a rempli son contrat+ et leur donne satisfaction. La réalité politique est que ce gouvernement est irrémédiablement usé et doit être changé."

Extrême-droite :

FN :

Le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, a estimé que Jacques Chirac s'était "laborieusement acquitté d'un exercice d'autosatisfaction" sur France 2 "suivi "d'une longue séquence d'anesthésie de l'opinion". "Jacques Chirac s'est laborieusement acquitté d'un exercice d'autosatisfaction, sur l'air de « Tout va très bien, madame la marquise », suivi d'une longue séquence d'anesthésie de l'opinion, avant de finir par un couplet sur la France qui était bien préparé mais tombait à plat", a commenté Jean-Marie Le Pen.