A Taïwan, les frégates continuent de faire des vagues

©2006 20 minutes

— 

Aux prises depuis quinze ans avec la complexe affaire des frégates de Thomson, les autorités taïwanaises progressent dans leur enquête. Cette affaire est liée au dossier français puisque les listings tronqués de Clearstream envoyés au juge Van Ruymbeke laissaient croire que des personnalités françaises avaient perçu des rétrocommissions sur la vente en 1991 par la France de ces six bâtiments de guerre pour 2,5 milliards de dollars.

Selon le Taipei Times du 20 juin, des juristes du Parti démocrate progressiste ont identifié le nom de six sociétés françaises qui auraient ouvert 42 comptes bancaires sur lesquels auraient transité plus de 500 millions de dollars de rétrocommissions, notamment vers des officiels taïwanais. Des soupçons bien plus précis que ceux qui pesaient jusqu'à présent.

Cette révélation intervient au moment où le différend entre Taïwan et le gouvernement français semble se solder. En effet, selon le quotidien, Taïwan, lésé lors de l'achat des navires, pourrait échanger l'abandon des poursuites engagées à l'encontre des autorités françaises contre la déclassification des documents officiels français détaillant l'attribution des commissions. Une démarche que l'Etat a déjà refusé aux juges français.

Par ailleurs, un nouveau suspect a été arrêté en mai. Il s'agit du frère d'un officier de la marine taïwanaise, les deux étant soupçonnés d'avoir perçu des fonds lors de la vente des navires.

Enfin, la mort suspecte en 1993 du commandant Yin, un officiel taïwanais qui voulait dénoncer la corruption liée à la vente des frégates, pourrait être éclaircie avec le retour à Taïwan d'un témoin clé. Cette amie de la victime s'était exilée après sa mort. De ce côté de l'océan Indien, l'affaire n'est donc pas close non plus.

A. S.

Autre personnage clé de l'affaire, Andrew Wang, soupçonné d'avoir dirigé un réseau de rétrocommissions, est sorti de son silence en mai pour nier avoir versé des fonds à des personnalités françaises à l'occasion de la vente des frégates.