Les sans-abri princes du Parc

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Samedi, des sans-abri ont disputé, comme des professionnels, la finale de leur 8e Coupe de France au Parc des Princes, couronnant une saison d'affrontements en championnat. Le football est « un outil d'aide à la réinsertion, les sans-abri sont unis par la passion du jeu », explique Benoît Daneau, de l'équipe du Secours catholique de Paris, à l'origine du projet il y a treize ans. « On ne parle pas encore d'insertion, tout le monde n'en est pas là, renchérit Jean-Luc Bermond, du Secours catholique d'Anthony (92). Mais au travers du foot, les sans-abri entament leur parcours vers l'autonomie. »

Ce sport leur redonne le goût de la vie en réintroduisant des règles souvent oubliées dans la rue, comme le respect des horaires ou la sobriété. « Maintenant, la plupart sont à l'heure à l'entraînement, fiers d'avoir un planning », se réjouit Sylvie Soutier, animatrice sociale. Ces petites victoires ont permis à certains de s'en sortir. Après des années à la rue, Stéphane, 28 ans, travaille. Ce qui compte pour lui : « Le foot et Dieu, comme les Brésiliens. » Il continue de jouer avec son ancienne équipe, parce qu'« il n'y a pas des sans et des avec abri, nous sommes tous amis ». Le sport gomme les différences. « Sur un terrain, on ne sait pas qui est qui », confirme Jean-Luc Bermond.

L'ultime objectif de ces joueurs en situation de précarité : la Homeless World Cup, Mondial des sans-abri, qui se tiendra du 21 septembre au 1er octobre au Cap (Afrique du Sud). Un joueur de chaque équipe a été sélectionné. Samedi, ils jouaient ensemble pour la première fois. Ils sont un peu déçus d'avoir perdu. « On fera mieux la prochaine fois », les encourage Guy Foulongany, leur « manager », de l'association l'Arche d'avenirs.

Check, à la rue depuis cinq ans, n'y participera pas mais il est plus qu'enthousiaste. « J'ai 50 ans, mais c'est comme si j'en avais 20. C'est un moment de joie, on oublie, on est bien. J'ai l'impression d'être un grand joueur. »

Sixtine de Villeblanche