En meeting, Fabius coupe la tête de Royal

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Laurent Fabius, candidat à l'investiture du PS pour l'élection présidentielle, a nettement marqué sa différence avec ses concurrents dans le parti en se présentant, samedi près de Rouen, comme le champion du projet socialiste dont Ségolène Royal chercherait à se démarquer
Laurent Fabius, candidat à l'investiture du PS pour l'élection présidentielle, a nettement marqué sa différence avec ses concurrents dans le parti en se présentant, samedi près de Rouen, comme le champion du projet socialiste dont Ségolène Royal chercherait à se démarquer — Robert François AFP

Un crochet du gauche lancé en direction de Ségolène Royal. Laurent Fabius, candidat à l'investiture PS pour l'élection présidentielle, a consacré une partie de son premier meeting de campagne à s'en prendre à la favorite des sondages. Devant deux mille sympathisants, réunis samedi au Grand-Quevilly, le député de Seine-Maritime a frappé fort. « Je refuse une campagne de confusion où notre porte-parole, l'oeil rivé sur les sondages, s'efforcerait de coller à l'ensemble des aspirations dans le cadre d'un discours en zigzag, ajoutant selon les moments et les endroits des mots de droite à des adjectifs de gauche et inversement. » Difficile de viser avec plus de précision Ségolène Royal, même si à aucun moment il n'a daigné prononcer son nom.

En héritier autoproclamé d'un François Mitterrand qui affirmait que le PS se conquiert à gauche, il a poursuivi : « Ne mélangeons pas notre gauche et notre droite. Je souhaite une campagne de différenciation assumée et de convictions claires, qui permette un vrai choix aux socialistes d'abord, puis aux Français. » Comme s'il entendait prouver sa bonne foi, il a défendu « une hausse du smic de 6 % dès l'été 2007 ».

Largué dans les sondages, l'ancien Premier ministre dit pourtant croire en ses chances. « Je tiens bon parce qu'à la fin des fins, c'est la détermination qui fait la différence. » A l'écouter, un second tour Royal-Sarkozy n'a que peu de chances de survenir, en raison de leurs prises de position sur la sécurité, notamment. « La société du Kärcher et du martinet, à qui fera-t-on croire qu'il s'agit là d'un choix mobilisateur ? »

Stéphane Colineau