Besancenot ou le facteur multiplicateur

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Il va donc repartir en tournée. Olivier Besancenot a été désigné hier par la Ligue communiste révolutionnaire comme son candidat à la présidentielle de 2007. Ce qui enterre un peu plus la possibilité d'une candidature unique à gauche, et notamment celle de José Bové qui s'était présenté comme l'homme providentiel de la gauche du « non » au référendum. Les délégués trotskistes, réunis ce week-end en région parisienne, ont voté à 58 % en faveur de la motion de candidature d'Olivier Besancenot. Le jeune postier de 32 ans avait déjà porté les couleurs de la LCR en 2002 et recueilli 4,3 % des voix (environ 1,3 million).

Pour ne pas passer pour les fossoyeurs de la candidature unique à gauche, la LCR a aménagé une petite sortie de secours. Selon elle, les forces qui ont bataillé ensemble pour le « non » lors de la campagne référendaire, parmi lesquelles le PCF, ne sont pas parvenues jusqu'à présent à s'entendre sur une candidature unique, en raison de divergences « sur le fond », en particulier sur la stratégie vis-à-vis du PS. Mais si un tel accord survient, la LCR « retirera la candidature de Besancenot » et soutiendra le « candidat commun ». Pour cela, il faudra que le PCF refuse toute alliance parlementaire et gouvernementale avec le PS. Le PCF a jugé hier « profondément regrettable » voire « indéfendable » la décision de la LCR d'avoir un candidat.

La plupart des partis de gauche sont officiellement favorables à cette candidature unique, mais chacun pense que son candidat est le plus apte à rassembler toute la gauche. Pour le PS, l'union avec des partis comme LO et la LCR est impossible, mais la multiplication des autres candidats de gauche inquiète. « Qu'il y ait un candidat ou une candidate trotskiste ne me dérange pas beaucoup, analyse Vincent Peillon, du courant NPS (Nouveau Parti socialiste). Qu'il y ait une dizaine de candidats des partis de gauche qui doivent gouverner ensemble demain, cela n'a pas de sens. » De son côté, le Collectif national d'initiative pour des candidatures unitaires antilibérales en 2007, qui réunit des communistes, des écologistes, des socialistes et des trotskistes, continue de vouloir trouver un accord sur le fond. Pour lui, la question du candidat ne doit être abordée qu'« à l'automne ».

David Carzon