"Chez soi, le chien doit toujours rester le dernier de la meute"

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Philippe Marchetti, propriétaire d’un Akita Inu, un chien japonais considéré comme dangereux en Espagne, explique comment il est parvenu à bien «éduquer son chien».

Vous possédez un chien considéré comme dangereux depuis huit ans et vous dîtes n’avoir jamais eu aucun problème. Quel est votre secret ?

Ce n’est pas vraiment un secret : il faut reproduire chez soi le schéma d’une meute de loups. Il ne faut jamais oublier que les chiens sont leurs descendants directs. La règle est simple : le chien doit toujours rester le dernier de la meute, soumis au chef qui n’est autre que le maître.

Comment lui signifiez-vous qu’il est le dernier de la meute ?

Premièrement, on le fait toujours manger après les membres de la famille. Le rapport à la nourriture est très important. Dans une meute de loups, les chefs mangent en premier et laissent les restes aux plus jeunes. Deuxièmement, on ne laisse pas le chien rentrer dans toutes les pièces et surtout pas dans la chambre à coucher. Il doit avoir accès à la pièce principale et c’est tout. Il ne s’agit pas là de l’asservir mais de lui donner une place bien définie au sein de la « meute ».

Que se passe-t-il si cette place n’est pas respectée ?

Le chien perd ses repères. Si on lui laisse des prérogatives de chef pour les lui retirer ensuite et vice-versa, le chien est frustré et peut réagir par l’agressivité. Il faut rester cohérent dans les règles que l’on fixe dès le départ, même si on a tendance à passer tous les caprices d’un adorable chiot…

… qui va se révéler être un vrai molosse par la suite…

Effectivement, c’est vraiment important de le dresser, je dirai même de l'« éduquer », dès le départ. Par contre, il ne faut pas le retirer de sa mère avant trois mois afin qu’il se soit suffisamment habitué à ses congénères.

A vous écouter, se faire respecter d’un chien, même dit dangereux, semble simple.

C’est simple mais cela exige de la rigueur et de la régularité. L’animal a besoin d’une structure bien définie et il faut donc être prêt à assumer cela au jour le jour. Quelqu’un de nerveux, de désordonné ou de très pris par son travail devra éviter de prendre un chien de race comme le mien, qui présente plus de risques qu’un labrador. Il faut savoir ce que l’on veut : un chien de compagnie, un chien de chasse ou un chien de garde. Certains font les trois mais demandent à être encadrés. Si on veut une peluche, mieux vaut ne pas acheter un Akita Inu ou un berge allemand.

Se renseigner au préalable sur les caractéristiques des races paraît donc essentiel.

Tout à fait. D’ailleurs, seuls les professionnels devraient être autorisés à vendre des chiens. Trop de particuliers en choisissent une race sans savoir à quoi ils s’exposent. En attendant, ils peuvent toujours consulter des livres très bien sur l’éthologie animale, comme "Comment parler chien". Cela permet d’éviter de grosses catastrophes… De toute manière, quelque soit la race, il ne faut jamais laisser un chien seul avec un enfant en bas âge.

Propos recueillis par Catherine Fournier