Villepin retire ses propos mais reste

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Circulez, l'incident est clos. Le Premier ministre a éteint hier à l'Assemblée nationale l'incendie qu'il avait allumé la veille, en dénonçant la « lâcheté » du Premier secrétaire socialiste, François Hollande. Dominique de Villepin a fait machine arrière, déclarant au chef de l'opposition : « Si certains mots vont ont blessé, je les regrette et les retire. »

Dans l'Hémicycle, côté socialiste, même si quelques « Partez ! » et « Démission ! » ont fusé au début de la prise de parole du Premier ministre, son départ ne semblait plus à l'ordre du jour. « Nous prenons acte de vos excuses, c'était une obligation », a répondu Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste, invitant à « passer à autre chose ». Fermez le ban.

L'échange n'a pas vraiment enflammé l'Hémicycle. Alors que le député UMP et ex-sportif Guy Drut était plongé dans la lecture de L'Equipe, Emile Zuccarelli, son collègue PRG, manquait carrément de s'endormir. Les députés sarkozystes – le ministre de l'Intérieur était absent hier – n'ont pas non plus attisé la braise. « Le ton et les mots sont justes », a déclaré Dominique Paillé, député UMP. Christine Boutin, qui avait demandé mardi la démission du Premier ministre, a simplement déclaré que « la situation était difficile ». Finalement, seule l'UDF est restée critique. « Les excuses ne sont qu'un préalable, il faut dans le même temps reconnaître l'échec d'une méthode. On ne pourra pas tenir onze mois dans un tel climat », a estimé François Sauvadet, le porte-parole centriste.

Bastien Bonnefous