Pot belge : chronologie des affaires dans le cyclisme secondaire

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Le procès, du 19 au 22 juin à Bordeaux, de 23 personnes pour trafic de « pot belge », est le dernier en date de plusieurs autres ces dernières années portant sur des affaires à la lisière entre dopage et dérive toxicomaniaque dans les milieux cyclistes secondaires.

Point commun des procédures, elles portaient sur des coureurs, anciens pros ou amateurs, ex-dirigeants ou cadres d'équipe, en manque ou en quête du haut niveau, mais en marge. Un monde dans lequel l'amélioration de la performance sportive - qu'elle fût ou non cause première - cédait parfois le pas à d'autres motifs (dépendance, dépression, fête, voire performance sexuelle).
Autre point commun dans la plupart des cas, les tribunaux ont établi dans les peines rendues des distinctions de facto entre les «grossistes», fournisseurs, sévèrement sanctionnés (prison ferme), et les utilisateurs, sportifs ou non, plutôt considérés comme «victimes».

Mai 2003 : le tribunal correctionnel de Perpignan condamne à des peines modérées, allant d'un mois de prison avec sursis à quinze mois de prison, dont quatorze avec sursis, 25 personnes jugées pour un trafic de produits dopants dans les milieux cyclistes amateurs.
Parmi les condamnés figuraient l'ancien-vice champion du monde de course aux points Eric Magnin, les anciens pros Thierry Laurent (Festina) et stagiaire pro Jérôme Laveur-Pedoux, et l'ancien double champion de France de cyclo-cross Christophe Morel. Mais aussi tout un monde d'obscurs «cyclistes du dimanche».

Janvier 2003 : le tribunal correctionnel de Rennes, qui juge 13 personnes dans une affaire de «pot belge» dans les milieux cyclistes bretons, prononce des peines de prison ferme contre les principaux prévenus.
Patrick Béon, ex-pro de 52 ans, considéré comme tête du trafic, est condamné à trois ans de prison dont un ferme. Philippe Tomasina, ancien mécanicien de l'équipe AG2R, écope de trente mois, dont deux ferme. Neuf anciens coureurs ou dirigeants, poursuivis comme simples consommateurs ou fournisseurs occasionnels, se voient infliger quatre à dix mois avec sursis.

Juin 2002 : le tribunal correctionnel de Reims établit lui aussi une distinction entre cyclistes utilisateurs et fournisseurs, en condamnant à quatre ans ferme le principal fournisseur, le Belge André Delrue, et à deux ans de prison, dont un avec sursis, un ancien pistard de haut niveau, Philippe Boyer. Six «utilisateurs» sont condamnés à des peines de quatre à six mois avec sursis.

Mai 2001 : dans le procès de ce type le plus vaste à ce jour (41 prévenus, 39 condamnés), le tribunal correctionnel de Poitiers rend un jugement plutôt clément en condamnant 12 prévenus à des peines de prison avec sursis allant de deux à trente mois, et 24 autres à des amendes. Seules trois peines de prison ferme sont prononcées, par contumace, contre les «grossistes», des ressortissants polonais.