L' école n'est plus à l'abri des armes

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L'agresseur présumé d'une enseignante, lundi dans un lycée de Porcheville (Yvelines), où les violences avaient été filmées par un autre élève, a été mis en examen jeudi soir et placé sous contrôle judiciaire, a-t-on appris de source judiciaire.
L'agresseur présumé d'une enseignante, lundi dans un lycée de Porcheville (Yvelines), où les violences avaient été filmées par un autre élève, a été mis en examen jeudi soir et placé sous contrôle judiciaire, a-t-on appris de source judiciaire. — Jack Guez AFP/Archives

La présence et l'usage d'armes explosent bel et bien à l'école. Une semaine après la publication dans Le Monde du rapport de la direction centrale des Renseignements généraux sur « Les armes en milieu scolaire », les élèves comme les proviseurs confirment qu'ils observent sur le terrain une recrudescence alarmante des violences avec armes (lire ci-dessous). « C'est clair qu'il y a une augmentation indiscutable des armes par destination, par exemple des battes de base-ball, qui deviennent un grand classique », explique le proviseur d'un lycée professionnel de Chelles (Seine-et-Marne). « Mais on est loin d'une dérive à l'américaine », précise-t-il.

Le syndicat des personnels de direction de l'Education nationale évoque les matraques, les barres de fer, les couteaux, voire les pistolets, qui squattent parfois les sacs à dos de certains collégiens et lycéens. Globalement, ce sont les collèges qui ont enregistré le plus grand nombre d'incidents par rapport à l'année dernière. Et notamment ceux qui sont situés dans les zones urbaines sensibles, et en Ile-de-France. Selon l'Observatoire européen de la violence scolaire, la plupart des agressions sont perpétrées par des élèves de l'établissement, qu'il s'agisse d'acte gratuit ou d'autodéfense, les autres étant imputables à des anciens élèves ou aux membres de la famille. En effet, certaines bandes n'hésitent plus à se pointer aux abords d'un collège, barres à mine en main, dans le but d'en découdre. C'est ce qui est arrivé récemment au lycée de Chelles. « Des jeunes extérieurs au lycée se sont introduits dans l'établissement à deux reprises, raconte le proviseur. C'était, je crois, un règlement de comptes entre bandes rivales. Heureusement, la police et la justice ont réagi très rapidement. » Depuis, il a dû se résoudre à renforcer les clôtures autour du bâtiment. Dans leur rapport, les Renseignements généraux préconisent de filtrer les accès, ou encore de mettre en place des caméras de surveillance, « aux abords et dans les couloirs ». Avant de les mettre, un jour, dans les salles de classe ?

L. de C.