Meurtres de l'Essonne: les questions demeurent après la mise en examen

© 2012 AFP

— 

Au lendemain de la mise en examen d'un homme dans l'enquête sur les meurtres de l'Essonne, de nombreuses questions restaient en suspens mardi concernant sa personnalité, ses motivations et le lien entre les quatre crimes commis avec la même arme.
Au lendemain de la mise en examen d'un homme dans l'enquête sur les meurtres de l'Essonne, de nombreuses questions restaient en suspens mardi concernant sa personnalité, ses motivations et le lien entre les quatre crimes commis avec la même arme. — Bertrand Guay afp.com

Au lendemain de la mise en examen d'un homme dans l'enquête sur les meurtres de l'Essonne, de nombreuses questions restaient en suspens mardi concernant sa personnalité, ses motivations et le lien entre les quatre crimes commis avec la même arme.

La procureure d'Evry Marie-Suzanne Le Quéau a prévenu lundi: "Cette affaire est loin d'être terminée", n'ayant pas "à ce stade les réponses à toutes les questions qui nous sont posées".

+Qui est l'homme mis en examen?

Ecroué depuis lundi soir, Yoni Palmier, 33 ans, nie toujours les faits. Son avocat, Me Laurent Servillat, a évoqué "une personnalité extrêmement complexe et fragile" et qui "a eu une histoire très chaotique".

Il a été condamné à six reprises, notamment à une peine de huit mois de prison ferme en 2004 pour violences aggravées et port d'arme prohibé, a indiqué Mme Le Quéau. Il est célibataire et sans enfant. Le gardien de son immeuble, à Draveil, a indiqué à l'AFP l'avoir souvent vu au volant d'une voiturette sans permis, mais "jamais en moto".

M. Palmier avait été interpellé samedi entre le domicile de sa mère à Ris-Orangis et l'immeuble qu'il habite dans la commune mitoyenne de Draveil, grâce au signalement de la moto Suzuki bleue et blanche qui aurait servi lors de certains homicides. Mais s'il habitait bien dans le petit périmètre où ont été perpétrés les quatre meurtres en novembre, février, mars et avril, les premiers éléments de l'enquête ne démontrent pas de lien entre le suspect et les victimes.

+Quels sont les éléments à charge?

La moto a été retrouvée lors des perquisitions menées "notamment sur les indications du suspect", de même qu'un casque et un blouson correspondant au "signalement de ceux donnés par de nombreux témoins", a précisé la procureure.

Surtout, deux armes de calibre 7,65 mm et des munitions ont été retrouvées, ainsi qu'une douille de même calibre "dont l'examen a d'ores et déjà démontré qu'elle provenait de l'arme utilisée pour commettre les assassinats", a déclaré la procureure.

Des expertises balistiques, dont les résultats sont attendus "dans les prochains jours", sont menées pour vérifier que, parmi les armes retrouvées, figure celle qui a tiré les balles ayant tué les quatre victimes.

Pour cela, les spécialistes vont tirer des balles de même calibre avec l'arme saisie et comparer les micro traces laissées sur ces munitions ou sur les douilles avec celles mises au jour sur la scène de crime.

+Quel est le lien entre les meurtres?

Les expertises ont déterminé que la même arme avait servi pour les quatre crimes. Mais à part cette arme et la proximité géographique des crimes, le lien entre les meurtres reste un mystère.

Deux informations judiciaires distinctes sont ouvertes. Le suspect a été mis en examen lundi soir pour "assassinats", ce qui implique préméditation, dans le cadre de l'information judiciaire ouverte pour les trois homicides les plus récents, ceux de Jean-Yves Bonnerue, 52 ans (le 22 février), Marcel Brunetto, 81 ans (le 17 mars), et Nadjia Boudjemia-Lahcene, 48 ans (le 5 avril).

Il doit être prochainement entendu dans le cadre d'une deuxième information judiciaire ouverte pour le premier meurtre, celui de Nathalie Davids, 35 ans, commis le 27 novembre 2011.

Pour cet homicide, Michel Courtois, 46 ans, l'ex-compagnon de la victime, était passé aux aveux, avant de se rétracter. Cet homme, décrit comme un "mythomane" peu éduqué par ses amis, est en détention depuis décembre et se trouvait donc sous les verrous lorsque les autres crimes ont été perpétrés.

M. Bonnerue et Mme Davids ont été tués dans le même parking de leur immeuble de Juvisy-sur-Orge. Mais les modes opératoires sont différents. Mme Davids a été tuée de sept balles dans le corps, tandis que les trois autres ont reçu une balle dans la tête.