"Il faut que David Hotyat nous dise ce qu'il a fait"

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Les yeux rivés au plafond, il se caresse le menton avec le pouce et l’index. David Hotyat a pris, hier, la pose du détenu peu concerné au premier jour du procès de l’affaire dite «du Grand-Bornand » dont il est le principal accusé. Poursuivi pour assassinat devant la cour d’assises de Haute-Savoie, à Sévrier, près d’Annecy, ce trentenaire à la houppette de Tintin est accuséd’avoir massacré, en avril 2003, les cinq membres de la famille Flactif– Xavier, le père,Graciella Ortolano, la mère, et leurs trois enfants–àleur domicile du Grand-Bornand. Un chalet cossu qu’il convoitait avec sa compagne et un couple d’amis, les Haremza, également sur le banc des accusés. Recelant peu d’enjeu judiciaire, cette journée d’audience a essentiellement été consacrée à la désignation des neuf jurés et à la lecture de l’acted’accusation de
cette folle tuerie, première étape d’un procès fleuve qui doit durer trois semaines. Les nombreuses parties civiles attendent beaucoupdes prochains jours. «Nous voulons des révélations. Nous avons été salis, toute la familleaété salie », a déclaréen marge de la salle d’audience Sandra Ortolano, la soeur de Graciella. David Hotyat avait reconnu, le jour de son interpellation en septembre2003, l’assassinat des Flactif. Un mois plus tard, il se rétractait. « Je voudrais que l’on arrête de nous mener en bateau. Il faut queDavidHotyat dise ce qu’il a fait, ce qu’il a vu », a affirmé aux journalistes
Mario, 17 ans, fils d’un premier mariage de Graciella Ortolano. Certains avocats des parties civiles ont déjà leur petite idée : « Je pense que David Hotyat n’a pas l’envergure pour réaliser un tel crime. Il a été aidé, au moins intellectuellement », glisse Géry Humez, conseiller de Michel Flactif, père de Xavier. L’assassin présumé devrait prendre la parole aujourd’hui.


A Annecy, Fabrice Arfi