Attentat de la rue Copernic: le Canada ordonne l'extradition d'un suspect vers la France

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Le ministre canadien de la Justice Rob Nicholson a signé l'ordre d'extradition vers la France du Canado-Libanais Hassan Diab, soupçonné d'être impliqué dans l'attentat de la rue Copernic à Paris en 1980, a indiqué jeudi le porte-parole du ministère
Le ministre canadien de la Justice Rob Nicholson a signé l'ordre d'extradition vers la France du Canado-Libanais Hassan Diab, soupçonné d'être impliqué dans l'attentat de la rue Copernic à Paris en 1980, a indiqué jeudi le porte-parole du ministère — Rogerio Barbosa afp.com

Le ministre canadien de la Justice Rob Nicholson a signé l'ordre d'extradition vers la France du Canado-Libanais Hassan Diab, soupçonné d'être impliqué dans l'attentat de la rue Copernic à Paris en 1980, a indiqué jeudi le porte-parole du ministère.

Le sociologue de l'université d'Ottawa, qui se dit innocent, dispose maintenant d'un mois pour faire appel de cette décision devant la cour fédérale, a ajouté le porte-parole, Christian Girouard.

L'ordre d'extradition a été signé mercredi, a-t-il précisé.

Le 6 juin 2011, un tribunal canadien avait autorisé cette extradition, mais avait averti que le dossier à charge français était "faible". M. Diab avait fait appel de cette dernière décision, a rappelé le porte-parole, sans vouloir commenter la procédure en cours.

L'ex-universitaire avait été arrêté dans la banlieue d'Ottawa en novembre 2008 à la demande de la justice française, qui l'accuse d'être l'auteur de l'attentat meurtrier qui avait fait quatre morts et une quarantaine de blessés près d'une synagogue rue Copernic, le 3 octobre 1980.

M. Diab risque en France la prison à perpétuité.

En juin 2011, le juge Robert Maranger, de la Cour supérieure de l'Ontario, avait estimé dans sa décision que la plupart des preuves incriminant le suspect "ne seraient pas suffisantes, prises dans leur ensemble ou individuellement, pour justifier un procès contre M. Diab en France".

M. Maranger faisait notamment référence à son appartenance supposée à l'époque à une organisation radicale, le Front Populaire de libération de la Palestine - Opérations Spéciales (FPLP - OS), et aux descriptions du suspect de l'attentat faites par des témoins.

"Au mieux, elles créent un certain degré de suspicion concernant son implication dans l'attentat terroriste", avait-il écrit.

Mais une expertise graphologique fournie par la France, une comparaison de l'écriture de M. Diab avec celle d'une fiche d'hôtel remplie par l'auteur supposé de l'attentat, pourrait lier le Canado-Libanais à l'attentat, a conclu M. Maranger.

Il y a 31 ans, le 3 octobre 1980, une bombe constituée d'une dizaine de kilos de pentrite et fixée sur une moto avait explosé près de la synagogue de la rue Copernic.

La France affirme notamment que M. Diab a utilisé une fausse identité pour acheter la motocyclette ayant servi à l'attentat. Selon le dossier à charge, c'est Hassan Diab qui a confectionné la bombe et l'a placée dans la sacoche de la moto le jour des faits.

Cette moto avait été achetée quelques jours plus tôt par un certain Alexandre Panadriyu, de nationalité chypriote. En réalité une fausse identité derrière laquelle se serait caché, selon la France, Hassan Diab.