Au PS, les éléphants se bouffent la trompe

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La direction du PS a entamé mardi une réunion marathon pour mettre la dernière main au projet du parti pour 2007, dont la dernière mouture marque un infléchissement à gauche, dans un climat rendu orageux par les prises de position personnelles de Ségolène Royal.
La direction du PS a entamé mardi une réunion marathon pour mettre la dernière main au projet du parti pour 2007, dont la dernière mouture marque un infléchissement à gauche, dans un climat rendu orageux par les prises de position personnelles de Ségolène Royal. — Pierre Andrieu AFP

En général, le linge sale se lave en famille. Hier, les socialistes ont pourtant choisi la transparence, réglant leurs comptes sur la place publique. Tard dans la soirée, la direction du PS devait entériner son projet pour 2007, dans le climat délétère né des propositions de Ségolène Royal – encadrement militaire des mineurs délinquants et remise à plat des 35 heures – qui divisent le parti.

Arrivant rue de Solférino en fin d'après-midi, Jean-Luc Mélenchon a qualifié ces idées de « bêtises droitières ». « Ce que propose Ségolène est déjà dans le programme de Sarkozy », a déclaré le sénateur de l'Essonne. DSK a jugé « surprenante » la stratégie de Royal, « critiquant son propre camp ». Sans la nommer, Laurent Fabius a réclamé « un projet qui s'appuie sur la gauche et non sur la droite ». Remonté, Arnaud Montebourg a demandé que « le projet collectif ait plus de poids que les propositions de tel ou tel », confiant dans le même temps qu'il étudiait « grandement l'idée » d'être lui aussi candidat à la candidature en novembre. Embarrassé, François Hollande, le premier secrétaire, a tenté de calmer le jeu, refusant d'être un « arbitre » entre les différents poids lourds. Mais celle que tout le monde attendait était bien sûr Ségolène Royal. Calme, la favorite des sondages pour la présidentielle a estimé qu'il fallait « des idées neuves pour redresser la France », expliquant devoir « débattre avec tous les Français et pas qu'avec les socialistes ». Elle a expliqué que son objectif était de bâtir « la France d'après ». C'est aussi le slogan de l'UMP et de Nicolas Sarkozy pour 2007.

B. Bonnefous