L'avenir hypothéqué des anti-CPE

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La mobilisation anti-CPE a franchi un palier mardi, avec des manifestations près de deux fois plus fournies que celles du 18 mars et d'assez fortes perturbations dans les transports et à l'école, alors que le dialogue entre gouvernement et syndicats reste au point mort.
La mobilisation anti-CPE a franchi un palier mardi, avec des manifestations près de deux fois plus fournies que celles du 18 mars et d'assez fortes perturbations dans les transports et à l'école, alors que le dialogue entre gouvernement et syndicats reste au point mort. — Olivier Morin AFP

« Puisque Guy Drut a été amnistié, pourquoi les manifestants anti-CPE ne le seraient-ils pas ? » Tel est en substance le contenu de la lettre ouverte envoyée à Jacques Chirac, la semaine dernière, par le collectif Assistance juridique. Composé d’élèves avocats, ce collectif, formé dès la mimars, est venu en aide aux 163 personnes condamnées à l’issue des manifestations anti-CPE à des peines allant d’un mois de prison avec sursis à dix mois ferme.Auteur d’un rapport sur « la répression policière et judiciaire du mouvement d’opposition à la loi sur l’égalité des chances », le collectif accuse les tribunaux d’avoir fait preuve d’une « extrême sévérité » à l’égard de personnes qui « répondaient rarement au profil type du casseur, délinquant multirécidiviste, mais davantage à celui d’étudiants et de lycéens sans antécédents judiciaires». Des jeunes dont l’avenir ne sera plus le même après une condamnation inscrite à leur casier. Cette sévérité, le ministère de la Justice s’en défend et estime que « la réponse judiciaire a été ferme, rapide mais juste ». « Il s’agissait d’arrêter les auteurs de violences qui portaient atteinte au droit de manifester », explique- t-il.Concernant l’amnistie demandée, il est trop tôt pour savoir si elle est envisageable. En 1995,Chirac avait gracié les personnes condamnées à la suite des manifestations contre le contrat d’insertion professionnelle
du gouvernement Balladur.

Laure de Charette