Laurent Hecquet : « La France au volant s'énerve »

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Interview de Laurent Hecquet, délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes

Le gouvernement pourrait aménager le permis à points...

C'est bien qu'il prenne conscience du problème du permis à points, mais plutôt que de faciliter la récupération du permis, il devrait se demander pourquoi on le perd si facilement.

Que préconisez-vous ?

Nous réclamons la suppression des pertes de points pour les dépassements de vitesse de moins de 20 km/h. C'est le cas en Allemagne, en Espagne, en Italie... La France est le seul pays européen à faire dans le tout répressif. Sur de tels dépassements, la sanction financière suffit, le retrait de points n'est pas équitable.

N'est-ce pas encourager les conducteurs à moins se soucier de leur vitesse ?

Au contraire, retirer des points à la moindre petite infraction risque de décrédibiliser la sécurité routière. La drogue ou l'alcool sont plus dangereux qu'un léger excès de vitesse. Le retrait du permis est une sanction sociale immense. On peut l'admettre après des fautes graves mais pas après des peccadilles. La France au volant ne le comprend plus, elle s'énerve. Résultat, on assiste à une explosion de conducteurs sans permis.

Les sanctions sur les petits excès de vitesse devraient être maintenues...

Si le gouvernement ne nous entend pas, nous continuerons à nous mobiliser. En 2005, un automobiliste sur huit a été sanctionné, soit 4,3 millions de contraventions. Matignon envisage de doubler ce chiffre cette année. C'est totalement illégitime.

Recueilli par B. B.