Le bazar organisé du lundi de Pentecôte

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Deuxième année de confusion pour le lundi de la Pentecôte, cette journée de solidarité qui vise à dégager 2 milliards d'euros par an en faveur des personnes dépendantes. Après le tollé provoqué par sa mise en place l'an dernier, elle a été assouplie : les partenaires sociaux peuvent désormais choisir la date de la journée travaillée et non rémunérée. Du coup, environ 60 % des Français, et près d'un salarié sur deux dans le secteur privé, n'ont pas travaillé hier, que leur entreprise ou leur administration soit fermée ou qu'ils aient pris un jour de congé ou de RTT. Les situations incohérentes se sont multipliées, avec des transporteurs routiers travaillant alors qu'ils n'ont pas le droit de circuler par arrêté ministériel, des parents au travail quand leurs enfants ne peuvent aller à la crèche ou à l'école, des étudiants présents à la fac alors qu'aucun cours n'est délivré. Le casse-tête s'est poursuivi dans les transports en commun, perturbés par des grèves à Lyon, Marseille, Toulouse, Mulhouse ou encore en Gironde.

L'ouverture d'un débat sur cette question est souhaitée afin d'éviter un nouveau cafouillage en 2007. Les professionnels souhaitent qu'une « grande conférence nationale » soit organisée sur le sujet dès cette année. Les syndicats sont opposés au principe d'une journée de solidarité financée par les salariés sans les professions libérales ni les revenus du capital ou du patrimoine. Ils réclament une remise à plat du financement de la dépendance. Le Premier ministre a concédé hier qu'il s'agissait d'une « révolution » et que le système était « certainement améliorable ». Le ministre délégué à l'Emploi, Gérard Larcher, a renchéri en annonçant hier « quelques ajustements » futurs. Le lundi de Pentecôte divise aussi les partis politiques : l'UMP a en effet maintenu son point de presse hebdomadaire hier tandis que le PS a déplacé le sien à aujourd'hui.

Des directeurs de maisons de retraite ont déploré hier que les 2 milliards d'euros récoltés « n'aillent pas intégralement » à la création de postes pour aider les personnes âgées. Seul 1,2 milliard est consacré aux personnes âgées, dont 400 millions pour aider les départements à financer l'allocation personnalisée d'autonomie et 800 millions pour financer les établissements de prise en charge des personnes âgées. Le solde est consacré à l'aide aux handicapés.